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Parodie : Grave Wars


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27 réponses à ce sujet

#1 Yobwo

Yobwo
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Posté 06 January 2012 - 21:54

Grave Wars


EPISODE IV : Un cas de plus



Voici une parodie écrite il y a longtemps, basée sur mes années de prépa littéraire. Elle met en scène ma bande de vieux potes (que ceux qui lisent les Charlots connaissent déjà) et certains de mes profs de l'époque. Le tout dans une ambiance dix-neuvième. Certains délires ne seront sans doute pas très clairs mais j'ai essayé d'être explicite quand c'était possible. L'histoire sera proposé en épisodes postés régulièrement, le texte étant complet. Enjoy !

Il y a bien longtemps, dans une galaxie bien trop lointaine…




L’empire domine l’univers connu grâce à la peur. A sa tête, un modeste professeur de khâgne de province obsédé par le XIXe siècle terrien, auto-proclamé empereur. Très vite séduit par le côté obscur de la Contingence, il devient celui que tout le monde connaît sous le nom de Broken Jaws, la Mâchoire Cassée, en raison d'un défaut de conception à la naissance. Terré dans sa forteresse spatiale, de conception haussmannienne, il dirige d’une main de fer la destinée de milliards d’innocents. Son fidèle, et maintenant doué, élève traque les rebelles de manière impitoyable. Car Gillou, autrefois grand espoir de la galaxie, a sombré du côté obscur, soumis par celui qu’il considérait comme son ami. A présent, Gillou est mort et il ne reste que Pingouin, incarnation diabolique de la Contingence et bras droit de Broken Jaws. Heureusement, tout n’est pas perdu. Il reste en effet quelques vaillants guerriers prêts à restaurer la IIIe République. Cependant la tâche s’annonce rude. Il faudra, avant d’affronter Broken Jaws et Pingouin, se débarrasser d’un des plus grands généraux de l’Empire : Moff Hypnose. Ce dernier est tristement célèbre pour sa capacité à répéter inutilement cent cinquante fois la même chose et frire les esprits les plus endurcis.

A l’instant où débute notre histoire, le vaisseau diplomatique du prince Mazari subit les foudres d’un croiseur impérial. Les espions rebelles ont volé les plans de la nouvelle station orbitale de Broken Jaws : Napoléon. Mazari est suspecté de les détenir, d’où ses problèmes actuels. Les vaisseaux survolent Tatatooïne alors que la frégate princière est sur le point d’être arraisonnée.








Les lasers pleuvaient en sens unique dans le noir intersidéral de l’espace. Le vaisseau du prince Mazari semblait englouti sous les tirs du croiseur qui avait un mal fou à le viser, la faute à des officiers de bords atteints de semi-cécité. A moins qu'ils ne soient semi-doués. Néanmoins, grâce à son rayon-tracteur, le gigantesque croiseur finit par aborder la frêle frégate. Dedans, c’était un bordel indescriptible. Là où le vaillants soldats devraient se précipiter pour défendre le prince au péril de leur vie, il n’y avait que des couards, courant et trébuchant vers les capsules de sauvetages. Celles-ci étaient malencontreusement shootées au turbo-laser les unes après les autres comme dans un gigantesque ball-trap. Les storm-troopers n’eurent aucun mal à percer la coque. Nul besoin de ponceuse protonique, un bon coup de pied en vint à bout. Personne ne les empêcha de pénétrer. Quand Pingouin fit son apparition, sous sa cape et son casque noir, sa première réaction fut une critique à l’égard de la structure de la frégate.

« Heu… oui, alors ça, ce n’est pas du turonien ! »

Pingouin avait cette terrible particularité de démarrer ses phrases de manière hésitante à cause d'un manque de confiance et d'une intelligence limitée en-dehors de ses vastes connaissances en matière de cuisine, de géologie et d'oenologie.

Au coeur du carnage, déambulaient deux droïdes : Charles-3-PO et D2-Arnaud. Deux vieux compagnons de chambrée amateurs d'ovalie qui ne se quittaient jamais. Ils se chamaillaient comme d’ordinaire quand Mazari les entraîna dans un compartiment secret. Tout deux écoutèrent bien sagement ( ou presque ) :

« Bon, les gars, vous êtes le dernier espoir de la Rébellion, alors pas de conneries et droit au but ! D2-Arnaud, je te confie les plans de Napoléon, et un message pour Dany-Wan Kenobi. Prenez une capsule et soyez prudents ! »
« Ouais, toujours ! Pis si on voit un storm-trooper, on le plaque ! » s’excita Charles-3-PO.
« Vu comme t’es raide, je pense que tu te contenteras d’être discret. Allez, partez ! »

La capsule ne tarda pas à rougeoyer dans l’atmosphère. Nos deux droïdes se firent la remarque que, décidément, il faisait drôlement chaud là-dedans. L’impact ne fut pas terrible.

A l'intérieur du croiseur, la capsule fut rapidement repérée.

« Commandant ? » fit un préposé aux senseurs du destroyer.
« Kénia ? »
« Ben… une capsule sans personne dedans vient de se barrer de la  frégate »
Le commandant le regarda, perplexe.
« Bah j’m’en fous ! »

Le préposé laissa tomber aussi sec la discussion. Son intuition que la cpasule contenait peut-être les plans devait être infondée pour provoquer une telle réponse.

Tatooïne, une planète désertique et dangereuse. La capsule s’était crashée dans le sable, ce qui n’était pas un exploit vu l’immensité de la mer de dunes. Les deux droïdes en étaient sortis indemnes, prêts à accomplir leur devoir. Rapidement, la question du chemin à prendre se posa.

« Continuons par là, clama Charles-3-PO, c’est plus facile pour mes articulations qui, tu l’avoueras, ne sont pas des plus pratiques »

D2-Arnaud lança une trille désapprobatrice.

« Non ! Charlot ne te suivra pas dans les montagnes ! Je te continue par là avec ou sans toi ! »

D2-Arnaud disparaissait déjà derrière une dune, moqueur.

« Ah, fous-moi la paix ! Je ne changerais pas d’avis »

Les droïdes se séparèrent.

Mazari se retrouvait dans une belle mouise : tous ses gardes avaient fui et il restait seul contre une cinquantaine de stormtroopers. Sa réaction fut d'autant plus vive :

« Zut ! »

Il se barricada dans la soute et attendit. Les soldats impériaux ne tardèrent pas à se montrer. Un d’eux fut dessoudé avant qu’un autre ne paralyse le récalcitrant au bout de deux à trois secondes de combat acharné.

« C’est ballot… » fit Mazari en s’écroulant.

Il perdit conscience.

Pingouin arpentait les coursives du destroyer, fier de sa capture mais déçu de ne pas avoir récupéré les plans de Napoléon. Il approcha du préposé aux senseurs qui faisait la gueule, suite à la façon dont le commandant l'avait cassé tout à l'heure.

« Heu…oui… alors, heu… quelque chose ne va pas ? »

Le commandant prit la parole :

« Il a détecté une capsule sans forme de vie. Mais on s’en fout, non ? En tout cas moi j'en ai rien à branler »
« Bougre de cornichon ! Les plans y sont cachés ! Envoyez immédiatement une escouade pour fouiller les environs ! »

Pingouin partit en trombe tandis que le préposé regardait son supérieur avec un air de satisfaction.

« Ho, vous ça va ! »

Le commandant balança un coup de boule à son subordonné.

« J’ai horreur qu’on me contrarie »

D2-Arnaud roulait depuis plusieurs heures et avait atteint les formations rocheuses de Tatooïne. La promenade se déroulait calmement. Cependant, l’atmosphère devint  vite plus inquiétante. On épiait D2, c’était évident. Des petits yeux jaunes surgissaient de n’importe où et flanquait une belle frousse au droïde. L’envie de foncer dans le tas prit finalement le dessus mais il ne vit rien de concret, jusqu’à ce qu’un rayon ne le frappe de plein fouet. D2-Arnaud s’effondra dans un bruit sourd proche du plot.

Quant à Charles-3-PO, il errait toujours dans le désert. Depuis trop longtemps en fait.

« Mince, où est-ce que je suis ? Ces dunes se ressemble toutes, sacredieu ! »

Un immense batiment mouvant se dessina à l’horizon.

« Chouette ! me v’là sauvé ! Par là ! Par là ! »

Benoîtement il leur fit signe, persuadé de sa bonne fortune. Ce fut une pure idiotie mais bon…

Autour de la capsule se massait des stormtroopers. Ils cherchaient un truc qui visiblement n’était plus ici. L’un d’eux tenait un comlink dont il usa.

« Y sont plus là, boss. Kèskon fait ? »
« Bougez-vous andouilles et ramenez les moi ! Ou je vous transformerais personnellement en olothuries ! »

La transmission s’interrompit.

« Il a dit quoi ? » demanda un stormtrooper sur lézard géant.
« On se bouge ou il nous transforme en holo-tueries... enfin j’ai pas bien compris. Une tuerie holographique ? Non décidément je comprends rien quand il me parle »

Le stromtrooper eut une réaction de contrariété.

« Le problème c'est que si on se plante, il peut nous tuer juste en tendant la main et en repliant ses doigts à moitié, là, comme ça »

Il imita la pose de Pingouin lorsqu'il étouffait ses adversaires grâce à la Contingence. Vu que ça n'avançait pas à grand-chose, ils décidèrent plutôt de suivre les traces laissées par les droïdes sur le sable, décision constructive qui s'accompagna d'un jet de pièce à pile ou face afin de choisir laquelle des deux traces était pertinente. Parce que si en plus on leur tendait des pièges...

#2 Elindor

Elindor
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Posté 09 January 2012 - 16:04

Rah, ce début ! On est de retour dans les Charlots, mais dans Star Wars ! Superbe ^^

Par contre, j'ai le vague sentiment que tu vas me gacher d'une manière ou d'une autre la totalité de l'épisode 4...

#3 Yobwo

Yobwo
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Posté 09 January 2012 - 22:17

Ca va monter crescendo pour ne plus redescendre, accrochez vos ceintures tant qu'il est encore tant !



Loin du lieu du crash s’élevait une petite ferme sans histoire. Toute blanche et bien aménagée, elle abritait des bouseux du coin.

« Yoh ! T’es où ? J’ai du boulot pour toi ! »

Une voix se manifesta :

« Putain encore ! ? C’est la 372e fois aujourd’hui et on est que 9h du mat’ ! »
« Discute pas et ramène-toi ! »

Le juron en guise de réponse fut gratiné.

« Et l’Académie, j’y vais quand ? Faudrait pas me prendre pour une poire non plus ! Je devrais déjà être parti »
« Tu me fatigues… J’ai besoin de plus d’ouvriers avant de te laisser filer. Alors tu patientes et pis c’est tout »
« T’étonnes surtout pas si un jour tu te retrouves avec une torpille à protons dans les fesses, tonton ! »

Il n’y eut aucune réponse. Cela n’en valait pas la peine.

« Kess' tu veux au moins ? »
« Acheter des droïdes »
« Ah bon… »

Effectivement les Jaouas, petits êtres dévoués à l'arnaque, venaient de débarquer pour filer leur camelote. Ils s’affairaient, exposant la marchandise devant les chenilles de leur forteresse. Dans le tas, un robot tout doré râlait.

« Mais qu’est-ce que je fous là ? D2-Arnaud, que va-t-on faire ? »

L’interpellé ne répondit rien, son copain le saoulait. L’oncle de Yoh fit signe aux petits marchands qu’il était intéressé.

« Je prend, heu…celui-ci »
« Dieu soit loué, chanta Charles-3-PO, me voilà sorti de ce bourbier ! »
« Tu es un droïde de protocole, non ? Combien de langages connais-tu ? »
« Et bien, je pratique couramment 2,5 formes de communication. Je crois… »
« Hum… tant que tu connais le tamoul, ça me va »

Il se dirigea ensuite vers une unité rouge, un droïde un peu décrépit.

« Pas mal, je le prend aussi »

Charles-3-PO se manifesta avec incongruité :

« Si je puis me permettre, cette unité R2 est bien meilleure »
« Ta gueule ! »

L’affaire était entendue. Mais à peine le droïde rouge avait-il fait deux tours de roue qu’il explosa intégralement, laissant un cratère de trois mètres de diamètre. Tonton devint fou de rage.

« Les cons ! J’aurais pu y rester, photocopies de mages noirs ! »

Les Jaouas bafouillèrent une excuse. Charles-3-PO intervint.

« Prenez ce D2 en dédommagement, vous ne le regretterez pas »
« Tu me gonfles, mais j’ai plus trop le choix. OK, je prend ce droïde »

D2-Arnaud émit une trille de soulagement.

« Yoh, tu t’en occupes »
« Ben tiens, ça m’aurait étonné aussi… »

Yoh s’affairait sur D2-Arnaud, pestant contre son tyrannique tonton.

« Sacré bon sang d’esclavagiste ! Je vais me tirer de ce trou et plus vite qu’il ne le pense. Y’a des milliards de planètes connues et il a fallu que je naisse ici… »

Charles-3-PO gesticulait dans son coin, invectivait son ami et racontait toutes sortes d’histoires auxquelles personne ne prêtait attention. Yoh remarque rapidement un truc coincé dans le col de D2.

« Cékoi ? ! En plus, ça veut pas sortir… rah ! »

Un déclic se fit entendre tandis que le garçon se retrouvait le cul par terre. Au centre de la pièce, la représentation holographique d’un homme venait de se former.

« Dany-Wan-Kenobi, ça me fait mal de le dire, mais vous êtes mon seul espoir... Merde des impériaux ! »

Le message fut répété en boucle sans donner plus d’informations. Puis il disparut.

« Qu’est-ce que c’était ? Donne-moi la totalité de l’enregistrement ! »

La réponse de D2-Arnaud fut négative et provocatrice.

« Tu vas certainement pas faire la loi… t’es qu’un baril j’te signale ! »

Yoh se préparait à démonter le droïde avec une clé à molette quand une voix tonna :

« A table ! »

Le garçon n’eut pas d’autre choix que d’obéir.

« Je reviendrai… »

Le repas était prêt. Une fois Yoh arrivé, ils mangèrent de bon coeur. L’atmosphère se révéla trop détendue, un sujet fâcheux fut immédiatement remis d’actualité.

« Et l’Académie, tonton ? »
« Grrr… tu me les brises menu avec ton Académie ! Pilote ou pas, tu cultiveras les champs comme moi »
« Des champs ? ! Où tu vois les grèses, les cônes de déjection qui font les bons sols ? Y’a qu’du sable ou de la caillasse ! »
« Encore un mot et je te déshérite ! »
«  Ah ouais ? Et tu vas me déshériter de quoi au juste ? »

Sur cette ultime remarque sarcastique, Yoh sortit de la cuisine avec une grosse envie de meurtre. Il alla s’asseoir sur une dune et exhala sa colère à la face du monde.

« SA MEEEEEEEERE ! ! ! »

Charles-3-PO, toujours là quand on n’en veut pas, surgit affolé :

« Maître ! Maître ! c’est une catastrophe ! »
« Quoi encore ! »
« D2-Arnaud a déguerpi en prétextant une mission, je n’ai pas réussi à le plaquer et puis les cordes à linge ne marche pas chez lui ! »

Yoh poussa un soupir d’emmerdement profond.

« Pfffou ! Y’a rien à faire pour cette nuit. Attendons demain »
« Il n’a pas pu aller très loin vu qu’il n’a pas son scooter » signala Charles.
« Si tu le dis… »

La nuit serait longue.

« Yoh ! Yoh ! YOH ! ! ! ! »

Tonton s’époumonait sans résultat. Il dut reprendre son souffle car il criait ainsi depuis six heures du matin. Il était huit heures trente.

« Tati ? Où ce gland est-il encore aller se terrer ? »
« Il est parti tôt avec les droïdes. Je ne sais pas où mais je sens que je vais pas tarder à le rejoindre si tu continues à beugler ! »

Tonton maugréa puis quitta la cour de la ferme, se promettant d’étrangler son neveu à la première occasion.
Pis ptêt sa femme aussi…

Le landspeeder fonçait à toute allure, glissant à ras du sol. A son bord, Yoh et Charles-3-PO. Ce dernier fit la remarque que D2 n’était plus très loin.

« D2-Arnaud n’est plus très loin si j’en crois les senseurs de votre véhicule »
« Merci, je sais lire… »

Il accéléra encore et, rapidement, atteint le droïde fugueur. Ils descendirent et rattrapèrent sans difficulté le baril à roulettes. Enfin, sauf Charles-3-PO qui eut plus de mal à marcher correctement. D2-Arnaud émit une trille joyeuse à l’égard de son ami. Celui-ci s’indigna :

« Non, ça ne biche pas ! Tu nous a fait peur ! »

Yoh lui fit signe de se taire.

« OK, laisse tomber. On repart, faut pas que je traîne »

Nouvelle trille, apeurée cette fois.

« Maître Yoh ? D2 signale que ses senseurs ont repéré plusieurs formes de vie »
« Des hommes-alluvions ! Y’en a plein dans le coin ! »

Il s’empara d’une gigantesque pétoire qui reposait dans le landspeeder, puis il gravit une colline, accompagné des droïdes. Il sortit ses jumelles et inspecta la zone dangereuse.

« Ouais, c’est eux… aucun doute. Y'en a un tout près je le vois vachement bien ! »

Il continuait d’observer lorsque sa vue fut bouchée par quelque chose.
Un homme-alluvion !
Yoh fut bousculé. A terre, il dut éviter plusieurs coups avant que la crosse d’une arme lui défonce le crâne. Il s’évanouit aussitôt. Les droïdes planqués dans un coin, lui KO, la situation n’était guère enthousiasmante. Soudain, alors que les hommes-alluvion voulait s’emparer de leur proie, une silhouette encapuchonnée se profila, vociférant comme un vieux dragon :

« Shity bad boys ! Fuck off et presto ! Nasty monsters ! »

Les hommes-alluvions déguerpirent sans demander leur reste. Mieux valait la fuite que la mort. L’inconnu se pencha sur Yoh et l’examina.

« Hum… un petit potentiel en version mais trop assommé pour être réellement efficace »

Il aperçut alors D2-Arnaud.

« Viens là toi ! »

D2 ne bougea pas.

« Fucking little robot ! Viens là ou j’te balance par-dessus les collines ! »

D2-Arnaud s’approcha avec méfiance. L’étranger se calma quand le droïde fut à sa portée.

« Good ! »
Yoh releva péniblement la tête, encore étourdi.

« Heu… vous ne seriez pas le vieux Dany ? »
« Moi vieux ? ! Watch over your language ! »
« Désolé. En fait, je cherche un certain Dany-Wan-Kenobi. Ce serait pas vous par hasard ? »
« Je n’ai pas entendu ce nom depuis longtemps… depuis l’époque où Vince m’envoyait Gillou à chaque fois qu’il avait un truc à me dire. Impossible de parler avec ce gars-là ! M’étonne pas qu’il soit devenu Pingouin : la Contingence était trop instable chez lui »

Yoh écoutait avec un intérêt feint. Il préféra aller droit au but.

« Le droïde a un message pour vous »

Dany eut un instant de réflexion.

« So well… we should go to my maison »

Tonton attendrait un peu plus longtemps que prévu.

La bicoque de Dany-Wan se révéla un peu fruste mais extrêmement ordonnée. Yoh se sentait oppressé par les immenses tas de feuilles jaunies, vestiges de versions qui n’avait pas pu être proposées aux élèves de l’ancienne République. En effet, le vieux Dany avait longtemps été un professeur d'anglais acariâtre avant de devenir un Jedaille acariâtre. Il eut pour le mystérieux vieillard un respect nouveau. S’occuper de Charles-3-PO qui souffrait d’arthrite lui permit de penser à autre chose.

« Give me the message, please »

D2-Arnaud s’exécuta. Après tout, il était là pour le donner ce message. Le même homme que l’autre fois réapparut.
« Dany-Wan Kenobi, vous avez été général autrefois, sous les ordres de mon père. En vertu de cette ancienne amitié, je vous demande de m’aider. Ce droïde détient des informations vitales qui doivent être remises à la Rébellion sur Aldéglande… »

Etc, etc, tout le monde connaît déjà la suite. Dany resta muet.

« J’aimerais y aller avec vous, mais mon tonton va m’éclater tous les orteils avec une masse si je ne rentre pas »
« Pfff… I doubt que tu serves à quelque chose dans les champs. Silly uncle ! Il n’a toujours pas compris où était ta vraie place. You look like beaucoup trop à ton père »

Yoh s’agita d’un coup.

« Vous connaissez mon père ! ? »
« Ouais… il était sympathique, very good in pinard et great Jedaille. Par contre, ses cravates sont restées parmi les plus bidons de la galaxie »

Yoh aurait aimé discuter un peu plus d’un père qu’il n’avait jamais connu. Pourtant, il fallait rentrer rapidement. Ses doigts de pieds lui faisaient déjà mal et le drôle de clodo le faisait chier à parler n'importe comment.

« Je peux au moins vous emmener jusqu’à Mousse Esley »
« My dear MG est à la casse. Je suis obligé d’accepter »

#4 Kitty

Kitty
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Posté 09 January 2012 - 22:19

Bonjour le langage ! C'est qu'on s'insulte à tout va ici !

#5 Elindor

Elindor
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Posté 10 January 2012 - 15:02

Y'a pas mal de private jokes là dedans j'ai l'impression ^^ N'empêche ça jure comme des charetiers, t'as raison Kitty !

#6 Yobwo

Yobwo
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Posté 10 January 2012 - 16:15

Si vous avez des questions sur l'origine des vannes, je peux répondre ^^

#7 Nirvana

Nirvana
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Posté 11 January 2012 - 09:45

Encore une parodie écrite avec ce style Yobwesque que j'adore !
Si en plus, on est assuré d'avoir un texte tous les jours (bon ok tous les deux jours :D ), c'est que du bonheur ! Même si je ne parviens pas à saisir le sens caché derrière tous les mots de ce texte, cela restera un récit que je suivrai jusqu'à la fin avec une assiduité sans faille !

Vivement la suite !

#8 Yobwo

Yobwo
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Posté 11 January 2012 - 22:28

Citation

Tu es ici chez toi, Nirva. Le canapé est confortable, la bière est fraîche et les vannes sont mémorables ! Pour la peine, un nouveau morceau de texte ;)

Sur la route menant à la capitale de Tatatooïne, nos quatre voyageurs aperçurent une titeunesque épave qui traînait sur le bas-côté. De loin, ce n’était qu’une masse sombre. De près, ce fut la forteresse Jaoua de l'autre jour. Elle exhalait un long panache de fumée et des dizaines de petits corps jonchaient le sol. L’un d’eux portait un chapeau pointu, une veste bleu et un pantalon rayé bouffant. Il avait dû se tromper d'univers, arrivant au mauvais endroit au mauvais moment. Yoh sauta du landspeeder et se précipita vers le lieu du drame.

« Bon dieu, qui a pu faire un tel massacre ? Des hommes-alluvion ? »

Dany secoua la tête.

« Of course not, little écervelé ! C’est l’oeuvre des stormtroopers »
« Que viendraient-ils foutre ici ? C’est un trou ! »

Il y eut un instant de réflexion, après quoi tout deux s’exclamèrent :

« Les droïdes ! »
« The robots ! »

Charles-3-PO en fut décontenancé.

« Vous croyez quoi… que c’est la fête, hop, on tue tout le monde et on s’en va… à cause de nous ? ! »

Personne ne prêta attention à ses paroles. L’horreur paralysa quelques minutes le groupe. Puis Yoh réalisa.

« Tata ! Tonton ! »

Il se rua dans le landspeeder, démarra en trombe et disparut à l’horizon. Le nuage de poussière provoqué par son départ eut le temps de s’effilocher dans l’air avant que quelqu’un ne réagisse.

« Il va falloir l’attendre maintenant » fit Charles-3-PO.

La trille de D2 fut d’une autre nature, plus plaintive. 3-PO engueula son petit ami :

« Je sais qu’il fait calor gavé ! Que veux tu que j’y fasse ? Est-ce que je me plains moi ? »

Une fumée noire menaçante s’élevait de la ferme. Un signe de mauvais augure, d’autant plus visible dans ce ciel sempiternellement bleu. Yoh était venu aussi vite que possible. Malgré ses efforts, il était trop tard. Près de l’entrée, macabres preuves de la présence des impériaux, gisaient les corps calcinés de son oncle et de sa tante. C’était pas de pot. Lorsqu’il revint, son visage reflétait une nouvelle détermination.

« Plus rien ne me retient ici. Je viens avec vous »
« As you want »

Ils partirent sans perdre une seconde. Mousse Esley fut bientôt en vue.

La ville renfermait une animation que Yoh ne se lassait pas d’admirer tant il ne se passait jamais rien à la ferme. Les gens se rentraient presque dedans, pressés et distraits. Au coeur de cette foule dense, ils eurent néanmoins la malchance de tomber sur trois stormtroopers.

« Flûte ! »

Ils contrôlaient tous les nouveaux arrivants. Enfin, ceux sur qui ils avaient la chance de tomber, genre les quatre pouilleux en bécane à suspenseurs.

« Vos papiers, cartes d’identité, carte grise et permis de conduire. Ces droïdes sont à vous ? »
« Nan, y sont à ma soeur, banane ! » répliqua Yoh, excédé.
« Shut up, crazy boy ! Laisse-moi faire ! »

Dany se tourna vers les impériaux et leur parla en faisant un geste de la main. Le stormtrooper le plus proche répéta tout ce qu’on lui disait.

« Ces personnes ne sont pas celles que vous recherchez… »
« Ces personnes ne sont pas celles que nous recherchons… »
« Laissez-les partir… »
« Laissons-les partir… »
« Et allez vous faire pendre »
« Et allons nous faire pendre »

Sitôt dit, sitôt fait, les trois stormtroopers partirent à la recherche d’une potence. La route était libre jusqu’à la cantina, meilleur coin pour dénicher un contrebandier.

La cantina était encore pire que les rues de la ville. On y était à l’étroit, mal à l’aise. Par contre, la musique était pas mal et même emballante. Yoh s’accouda au bar et à peine installé, un gros extraterrestre vint l’asticoter.

« J’aime pas ta gueule ! » grogna-t-il.
« Moi non plus »

Yoh se fit fracasser. Il ne retrouva Dany qu’un peu plus tard et prit place à côté de lui sur la banquette. Le vieux jedi lui présenta le contrebandier qui devait les amener sur Aldéglande.

« Voici Baïo Solo et son wookie, Chewbadéliaze »
« Salut, p’tit gars ! »

Yoh eut une moue dubitative. Sans doute à raison. Le contrebandier ressemblait à un cowboy, le regard perçant et le sourire douteux. Quand à sa carpette, elle pesait son quintal. Une de ses baffes devait arracher la tête d’un homme. Elle grogna un coup afin de montrer que son avis pesait dans la balance.

« Je vous préviens, ça va casquer ! » commença Baïo
« Fucking bastard ! Tu n’auras pas plus d’argent que le voyage n’en vaut ! Swindler ! »

Chewbadéliaze montra les crocs : il n’aimait pas qu’on engueule son copain. Dany-Wan fit les gros yeux. On le défiait !

« Be careful ! I’m very dangerous ! »

Chewie répliqua aussitôt.

« Il a dit quoi ? » demanda Yoh.
« Me too » le renseigna Solo.

Le vieillard et le wookie se regardaient avec une intensité presque palpable.

« Bon, j’vais revendre mon landspeeder. On aura le compte, je pense »

Il était contusionné, meurtri dans sa chair et il devait en plus payer le voyage. Plus le temps avançait, plus il se demandait si Dany-Wan lui serait un jour d’une quelconque utilité. Finalement, le garçon et le vieil homme conclurent le marché puis s’en allèrent. Baïo Solo voulut faire de même mais un petit être bleu grumeleux lui barra le passage.

« Boua, pas toi Grido ! J’ai autre chose à faire que de te parler ! »

L’autre baragouina un truc incompréhensible.

« Mais je vais payer Jabba ! Bordel, laissez-moi le temps de le faire ! »

Re-baragouin.

« Tu préfères me livrer ? ! Même avec la prime que je me trimbale, je pense pas que la chirurgie puisse grand-chose pour toi… »

Il dut se rasseoir, toujours menacé par un blaster. Grido n’arrêtait pas de causer, sans cesse, sans cesse. La capture de Solo semblait l’ultime rêve de sa vie. Alors il en profitait et le faisait savoir. Puis, complètement saoulé par ses propres paroles, il s’évanouit. Solo regarda sa montre.

« Mince, j’ai perdu deux heures ! Faut que je retrouve Chewie »

Pendant ce temps, Yoh avait revendu sa trottinette trois fois son prix réel grâce au talent de négociateur de Dany-Wan. Les deux droïdes s’étaient cachés mais furent retrouvés. Il ne restait plus qu’à se rendre à l’astroport.

Devant le Coutre Millenium, cargo trafiqué de Baïo, Des hommes  attendaient le contrebandier. Quelques chasseurs de primes s’étaient joints au comité d’accueil. Solo ne tarda pas à se pointer.
L’horreur était là, idéale.
Jaba , en personne, guettait l’arrivée de son débiteur.
Imaginez, si vous le pouvez, un lézard dont la cellulite aurait dépassé celle d’une walkyrie wagnérienne.
Baïo réprima un haut-le-coeur en voyant l’immonde tas de saindoux mouvant.

« Jaba ! Quelle surprise ! ( la marée monte…) »
« Baïo Solo, tu me dois un peu de fric si je ne m’abuse »
« Oh, un p’tit peu… mais j’vais te payer ! Avec les intérêts ! Laisse-moi un tout petit peu de temps »

Jaba prit le temps de la réflexion.

« Mouais… d’accord. Si tu tentes encore de me lourder, tu auras tellement de mercenaires aux fesses que tu ne pourras même plus te retourner »
« Merci de ta sollicitude, grand Jabba »

Le lézard fit signe à ses hommes de le suivre. Solo respira beaucoup mieux d’un seul coup. Chewie approuva d’un grognement le soulagement de son ami. Yoh et Dany-Wan ne tardèrent pas à rappliquer avec les droïdes, coursés par les impériaux. Les tirs de blaster fusaient.

« Mother fucker ! Don’t do this again ! »
« Ben quoi ? Je voulais juste lui demander l’heure à ce mec tout blanc ! »

Baïo eut une intuition géniale.

« Chewie, lance les moteurs et dès qu’ils seront à bord, ont fiche le camp le plus vite possible »

La réponse du wookie fut ironique.

« Tu parles que t’aurais trouvé ça tout seul ! Menteur… » le réprimanda le contrebandier.
« Pas de temps à perdre ! »

La passerelle du Coutre se referma. Le vaisseau s’éleva puis disparut dans le ciel. Les impériaux repartirent, penauds.

« Qu’est-ce qu’on va se prendre comme avoinée ! »

Tant pis pour eux.

#9 Elindor

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Posté 12 January 2012 - 17:02

J'ai aimé les stormtroopers qui cherchent une potence ! :D

#10 Yobwo

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Posté 14 January 2012 - 17:28

Les choses se corsent pour nos amis ! Ils vont rentrer dans le vif du sujet et déjà que c'était pas brillant au départ, autant vous dire que les choses ne vont pas s'arranger.


L’espace aurait pu être un refuge, ce ne fut pas le cas. Un énorme destroyer impérial s’était mis en tête de les intercepter. Solo pesta :

« Putain ! Vous êtes à peine des boulets, vous ! »

Une nuée de chasseurs Tie frôla le Coutre. Une manoeuvre habile permit de les semer quelque peu. Solo poussa les boucliers déflecteurs à fond. Il entreprit ensuite de calculer le saut hyperespace.

« T’es lent ou c’est moi qui comprend rien ? » demanda Yoh, surpris qu’ils ne soient pas déjà partis. Le regard lourd du contrebandier l’orienta clairement vers la seconde réponse.
« On n’est pas chez mamie, ici ! Calculer un saut hyperespace, c’est plus compliqué que de faire ses courses à Prisu’ ! Une erreur et tu t’écrases sur une planète comme une mouche sur un pare-brise »
« Ah ouais… ! » réalisa le jeune fermier.

Heureusement, la vitesse du cargo hugolien les protégea suffisamment pour que les coordonnées soient préparées en toute quiétude. Bien vite, les étoiles se muèrent en autant de flèches d’argent.

« Oua, ça déchire ! »

Mazari, quant à lui, avait été emporté de force sur Napoléon, station orbitale commandée par le Grand Moff Hypnose. Les séances de torture n’avaient servi à rien, le prince ne révélerait jamais l’emplacement de la base rebelle. Il fut donc traîné en dernier ressort jusqu’à la salle du conseil de guerre où l’attendait Hypnose et Pingouin.

« Moff Hypnose… j’ai senti votre odeur détritique à la minute même où je suis entré »
« Le sarcasme vous sied mal, prince. Je le répète pour être sûr que vous comprenez mes propos. Le sarcasme… »
« Oh arrête, t’es trop lourd ! »

Pingouin intervint.

« Heu…oui, alors ça ce n’est pas gentil ! Taisez-vous donc »

Hypnose se tourna vers une grande baie vitrée qui donnait sur l’espace et plus précisément sur Aldeglande.

« Vous n’allez pas rire quand le rayon vert, car oui, le rayon est vert et non pas jaune ou bleu outremer : il est vert. Bon bref, ce rayon va réduire votre planète natale en cendres »
« Mêm’ pas cap’ ! »

Hypnose fit un geste de la main. Une poignée de minutes plus tard, le fameux rayon vert jaillit en direction d’Alderande qui se volatilisa purement et simplement. Mazari resta perplexe.

« Hum… vos arguments sont plutôt convaincants. Je vais vous dire où se trouve la base rebelle »
« Oui… heu… où ? »
« Dans le système de Guez, sur la planète Balzague »

L’Empire avait gagné (bien qu'en réalité non, pas du tout. La base rebelle ne se trouvait absolument pas sur Balzague, ce n'était qu'un stratagème du Prince pour gagner du temps et accessoirement sacrifier des milliards de Balzaguois, réputés il est vrai pour ne servir strictement à rien).

Bien évidemment, le Coutre Millenium ignorait le bazar. Le transit hyperespace n’était pas encore prêt de se terminer. A bord, chacun s’occupait à sa manière. Les droïdes affrontaient Chewbadéliaze au sabbac et Dany-Wan tentait plus ou moins vainement de communiquer les bases de l’art jedaille à Yoh. Baïo glandait sur une chaise, les doigts de pieds en éventail. Sur l’échiquier holographique, des créatures se faisaient face. L’une d’elle avança, en empoigna une autre, puis la bouffa. C’était un jeu mais le wookie le prenait très au sérieux.

« Grrooar ! »

Charles-3-PO eut une réaction immédiate.

« Tut…tut…tut… gueuler ne servira à rien. Mauvais joueur ! »

Baïo Solo prit alors l’initiative de le rappeler à la réalité.

« Heu… ton adversaire est un wookie, il mesure 2m30, pèse au bas mot 195 kg et peut te mettre en pièce d’une baffe. Mets de côté ton idéalisme à deux kopecks »

3-PO regarda D2-Arnaud.
« Laisse-le gagner, ou préviens-moi franchement que tu comptes le battre, de manière à ce que je m’enfuisse à l’avance »

D2-Arnaud sifflota qu’il acceptait les termes de la reddition et que, s’il était toujours partant pour un petit contact physique, il n’était pas fou. Pendant ce temps, Yoh, aussi adroit et rapide qu’une tortue hémiplégique, essuyait tous les lasers de l’énervante petite boule grise lancée par Dany-Wan. Celui-ci vociférait :

« Clumsy shity boy ! Essaie au moins de faire semblant d’être à moitié doué ! »

Yoh gisait à terre, à demi-paralysé.

« V…vous en av..ez de bonnes…vous »
Baïo observait la pitoyable scène d’un air sceptique.

« C’est du pipeau vot’truc ! La Contingence, j’y crois pas… et un sabre laser, ça vaut pas un bon gros blaster à triple canon ! »
« Shut up ! Be quiet and see by yourself »

Il colla un casque sur la tête à Yoh qui devint nerveux.

« Oh ! Comment je m’en sors, moi ? »
« Use the Contingency, triple buse ! »

Yoh n’y comprenait que pouic. Néanmoins, il tenta le coup. Inspirant profondément, il laissa affluer la Contingence. Tout devint alors possible : même arrêter des minuscules lasers avec un bâton de lumière verte sans rien y voir. Chacune des attaques de la sphère fut stoppé avec aisance. Grisé par sa réussite, Yoh exécuta une capoeira où les lasers frappaient inévitablement le sabre laser. Solo s’exclama :

« Il prend un de ces melons, vot’gars ! »

Yoh retrouva ses esprits. Le casque sous le bras, il se planta devant Dany-Wan, bouche bée.

« Oua ! J’ai jamais ressenti ça, c’était extraordinaire, je voyais tout, paraît tout et… »
« Shut up ! On ne rigole pas avec la Contingence ! C’est en faisant le malin qu’on bascule du côté obscur, et alors on a pas l’air d’un con ! Refais-le encore une fois, et je te colle une version si difficile que tu viendras à genoux me supplier de te fouetter avec une râpe à fromage ! »

Yoh devint blanc comme un linge.

« P…pardon »

Baïo Solo fit irruption à ce moment précis.

« Le voyage est terminé »

Le contrebandier abaissa une commande et instantanément les étoiles reprirent leur place.
Soudain, des milliers de débris entourèrent le Coutre. Baïo n’y comprenait rien, gesticulant devant le clavier comme un forcené. Il évita les rochers du mieux qu’il le put puis calcula une trajectoire de sortie. Finalement, ils furent hors de danger.

« C’était moins une ! grommela Solo. Une chance que le Coutre n’ait pas d’éraflure, sinon je projetais quelqu’un par le sas d’évacuation »

Dany-Wan se tenait derrière lui.

« Ne dites pas n’importe quoi »
« Ce n’était qu’une image » balbutia le pilote.

Aucun d’eux n’expliqua l’incroyable disparition d’Aldeglande, réduite à des fragments rocheux. Chewbadéliaze gronda une hypothèse.

« Du Kimmé ? je ne sais pas »

A vrai dire, Solo ne s’était posé la question. Aldeglande pouvait tout aussi bien se constituer de Bathonien ou autre couche géologique du Secondaire.

« A moins que ce ne soit du Tertiaire… »

Yoh coupa court à l’investigation.

« Y’a une petite boule noire kèk part par là » fit-il en posant un doigt sur la vitre.
« Putain, tu fais des traces ! » cria le contrebandier.
« Closer… immediately ! »

Quand Dany-Wan ordonnait, il n’y avait pas de temps à perdre. Le Coutre Millenium se rapprocha sensiblement de la masse sombre qui lévitait dans l’espace intersidéral.

« C’est une mauvaise idée… »
« Be quiet, Mr Solo. Vous n’êtes pas là pour penser »

Le vaisseau progressa en direction du corps mystérieux. D’un coup, le Coutre fut secoué violemment. D2 partit se perdre dans les coursives, Charles-3-PO  se cogna contre les parois, tandis que Yoh agrippait aux dossiers des sièges de pilotages. Seul Dany-Wan Kenobi restait immobile. Baïo Solo remarqua de manière cynique :

« Tiens, comme c’est drôle… un rayon tracteur ! ( posant les poings sur les hanches et hochant la tête ) Mais comment avons-nous pu être assez bête pour nous approcher ? Ah oui… quelqu’un me la astucieusement suggér… »

Dany-Wan l’empoigna d’une main par l’occiput et lui incrusta la tête dans le clavier de commande.

« Be more respectful… »

A ce stade-là, il n’y avait plus grand chose à faire. Baïo émettait de vagues borborygmes de sa peu enviable position. Le jedaille le décoinça.

« Qu’y a-t-il ? »
« Fschh’crois k’geai un moillun d’nou fortir d’se piaigeu… »
« Parfait ! »

La petite lune était en fait une monumentale station orbitale impériale. Le Coutre fut lentement dirigé vers un des hangars, ridiculement minuscule face à la superstructure de la station. Le cargo hugolien se posa en douceur et des stormtroopers s’en approchèrent. L’un d’eux enclencha l’ouverture de la rampe d’embarquement. Après le sifflement des jets de vapeur, ils montèrent. Personne ne les surveillaient. On entendit PIF PAF ! Puis les deux stormtroopers redescendirent. Leurs attitudes étaient différentes et ils semblaient étrangement mal à l’aise.

« Cette combinaison pue la mort ! »
« J’y peux rien »

Dany-Wan détourna l’attention des gardes par la Contingence. Grâce à cette intervention, le groupe se dirigea vers une salle de contrôle. Les rares présences furent vite éliminées. D’ici on pouvait se repérer et lire le plan de la station. La source du rayon-tracteur devait être coupée pour que le Coutre puisse repartir. Dany-Wan se chargerait de l’entreprise. Yoh courut vers lui au moment où il allait partir.

« Je veux venir avec vous ! »

Dany le dévisagea de la tête aux pieds puis éclata de rire.

« No »

Il fila à l’anglaise.
Yoh était dégoûté de s’être fait une nouvelle fois jeter comme une merde.

« J’suis dégoûté… »
« Tant fait pas p’tit gars : ton vieux va la réussir sa mission et on pourra se tirer de ce trou »

Yoh se tourna vers D2-Arnaud.

« Branche-toi sur l’ordinateur et vois s’il n’y a pas un truc d’intéressant »

Le droïde s’exécuta. La réponse ne fit pas attendre. Il se mit à remuer, comme excité par une découverte. Il bipa à toute blinde le fruit de sa recherche. Charles-3-PO leva les bras d’indignation.

« Gros Charlot ? ! Ne m’appelle plus jamais ainsi ! Heu… oui. D2 dit qu’il a trouvé le prince »
« Le prince ? Où ça ? »
« Dans le bloc de détention, cellule 1515 Marignan »

Yoh posa une main sur l’épaule de Solo.

« On y va ! »
« Hein ? ! Je vais nulle part, céans ! »
« Tu veux pas aider le prince ? »
« Prince de quoi ? De mes couilles, oui… »

Yoh demeura perplexe : il y avait bien un moyen de convaincre le contrebandier. Chewbadéliaze ne remuait pas non plus. Visiblement, il se foutait du prince comme de son premier pelage. Le fermier eut alors l’intuition géniale.

« Si tu le sauves, il te paiera sûrement en récompense… »
« Combien ? »
« Plus que tu ne peux l’imaginer ! »
« Mon imagination, c’est l’abîme… »
« Tu auras de quoi te payer la toute nouvelle Willis 666 »

Solo eut un pétillement dans le regard.

« La batterie de mes rêves… je prend ! »

Chewie beugla son inquiétude.

« Mais non, y’aura pas de trépanation auditive ! La Willis 666 et moi, on est fait pour s’entendre. Ce sera des mélodies brutes, dark, un peu smooth… le pied quoi ! »

Baïo se sentait pousser des ailes.
Yoh exposa son plan pour accéder aux cellules. Chewie ferait office de prisonnier et les droïdes resteraient pour les prévenir en cas de pépin. D2-Arnaud pépia une question. Yoh l’arrêta immédiatement.

« Non, pas de bagarre pour toi. Tu restes et tu fais pas chier »

La trille suivante fut moins sympathique.
Elle fit sursauter Charles-3-PO alors que les trois humains se dirigeaient vers la sortie.

« Maître Yoh ! Je crois que D2 vous a traité de conna… »

La porte se referma devant lui.
La troisième trille du baril à roulettes fut : « Sale balance »

#11 Nirvana

Nirvana
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Posté 15 January 2012 - 15:44

Je ne saurai dire combien de fois j'ai pu éclater de rire en lisant, j'adore !

La suite !

#12 Elindor

Elindor
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Posté 16 January 2012 - 15:12

Tiens, maintenant que j'y pense... Un prince a la place d'une princesse... Oh punaise, j'ai de très grosses craintes pour les romances à venir.

#13 Yobwo

Yobwo
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Posté 19 January 2012 - 22:17

Ah ça fout les jetons, hein ? Voici la suite et fin de l'épisode Napoléon en attendant un chapitre de Jedd pour ce week-end. Vous allez voir, c'est épique à souhait.


Les deux faux stormtroopers progressèrent au coeur de la station Napoléon sans rencontrer de difficultés. Chewbadéliaze présentait, à qui voulait les voir, ses poignets menottés. C’était trop facile. Seule petite ombre au tableau, un robot noir d’entretien, grand comme un chiot mais en plus parallélépipédique se planta devant eux. Persuadé qu’ils étaient démasqués, Chewie perdit tout sang-froid et shoota dedans de toutes ses forces. L’engin vola en criant puis explosa au loin. On ne sut jamais rien des dommages collatéraux car le groupe prenait déjà l’ascenseur. Yoh commença à manifester quelques inquiétudes.

« On va leur dire quoi aux gardes des cellules ? »
« Ch’ai pas… bonjour ? » hasarda Baïo.
« Hum… m’est avis que ça ne bluffera personne »
« Oh ! On verra bien. Tant qu’ils découvrent pas qui on est… »

Soudain, le silence s’installa. Ils avaient complètement oublié l’officier qui était monté avec eux.

Il avait tout entendu.

« Vous êtes faits comme des banthas ! » ricana l’officier.

Malgré ses menottes, Chewie l’attrapa et avant qu’il ne hurle, l’avala tout cru, vêtements inclus. Yoh exprimait sa surprise par des yeux grands ouverts.

« Je savais pas que ton wookie était anthropophage ! »

Solo haussa les épaules.

« Une facette de sa personnalité que j’ignorais »

Sur ce, l’ascenseur parvint à destination. La porte s’ouvrit sur une console circulaire pleine de clignotants rouges. De toute manière, la pièce entière était bichrome : rouge et noire. En plus des techniciens, deux officiers les observaient.

« Que voulez-vous ? »

Yoh eut du mal à s’expliquer.

« Heu… ben… heu… c’est-à-dire que… heu... matricule 712… heu... le wookie ! »

Les yeux des officiers devinrent deux fentes pleines de méfiance.

« Quoi le wookie ? »
« Ben, le wookie quoi ! »

Solo intervint.

« On vous amène un nouveau prisonnier qui est… »
« Un wookie ! »
« Bravo crâne de piaf… »

Les officiers réfléchirent un instant.

« On ne nous a pas prévenus. Nous allons vérifier »

Les quelques secondes furent parmi les plus longues jamais endurées.

« Nous n’avons rien. Il va falloir vous expliquer »

Baïo ne gâcha pas l’occasion.

« No problémo ! »

Le tir de blaster frappa le premier officier en plein milieu du front. Il y eut une petite riposte mais timide. Chewbadéliaze démembrait tout ce qui lui tombait sous la main, tandis que Yoh tentait vainement d’armer son fusil. En une dizaine de respirations, tout fut fini.

« Les caméras ! » s’écria Solo un peu tard.

Les lasers fusèrent et il ne resta rien de leur passage, à part de la fumée et des cadavres. Un long couloir tubiforme renfermait les cellules. Laquelle était la bonne ?

« 1515… «

Ils ne tardèrent pas à la repérer. Yoh ouvrit la porte et rentra dans la pièce exiguë. Un gars dormait sur la planche qui servait de couchette.

« P’tain c’est pas le moment… DEBOUT ! ! ! »

Le prince sursauta et tomba de son perchoir. Il prit son air le plus contrarié avant de dévisager son sauveur.

« Vous êtes qui ? »
« On s’en fout ! »

Yoh agrippa le bras du prince et l’entraîna dans le couloir. Solo et Chewbadéliaze, planqués, dégommaient les stormtroopers à la pelle. Un moyen de fuir devenait urgent.

« Vous êtes efficaces comme sauveteurs ! » grogna le prince peu jouasse.
« Ah la ferme ! ( Yoh prit le comlink ) Les droïdes ? Trouvez-nous une sortie et vite ! »

En effet, la montagne de cadavres menaçait de boucher le couloir et de les prendre au piège. Sans compter que…

« J’commence à avoir mal à l’index à force d’appuyer sur la gâchette ! » gémit le contrebandier.

Heureusement, la réponse vint et elle fut positive.

« Une trappe ? Le broyeur à déchet ? Mais… ça va sentir mauvais ! »

Pas de temps à perdre. Yoh tira un bon coup dans la grille et sauta le premier. Les autres suivirent.

Le broyeur n’était pas très grand. Il se composait d’une porte fermée, de deux parois métalliques d’un côté, de deux vérins de l’autre et d’une pile de déchets dans un liquide dégueulasse.

« Super ! Et maintenant ? »
« Prince ou pas, tu m’enquiquines ! »

Yoh s’énervait autant à cause du prince que de la situation. Solo appuyait de toutes forces sur la porte verrouillée. Même le secours du wookie ne changea rien.

« Par tous les pépins de la pomme de Newton ! Comment sortir d’ici ? »

A leur insu, une protubérance en forme d’oeil fit une brève apparition. Puis ce fut une tentacule qui nagea dans l’eau putride, s’enroula autour de la jambe de Yoh qui disparut aussitôt, emporté. Panique générale.

« Où qu’il est ? Où qu’il est ? »
« C’est quoi cette merde ? ! »
« Gronf ! »

Ceci ne changea évidemment rien à l’affaire. Il fallut attendre que Yoh émerge de lui-même. Il était sale et puant mais vivant.

« Tu t’en es sorti comment ? »
« J’lui ai collé un doigt dans l’oeil. Il a pas aimé »
« C’est tout ? ! »
« Non ! Après j'ai bourré dedans avec mon blaster »
« Ok… »

La discussion fut close par un tremblement d’origine inconnue. Chacun restait en alerte, paré à toute éventualité. Le danger s’imposa vite au groupe. Les murs se rapprochaient pour les réduire en crêpes !

« Oh l’odeur ! » s’exclama Baïo Solo.
« Oui bah je vous avais prévenu ! Les déchets ça sent pas super bon »

Mazari ne tenait plus en place. Etre sauvé et mourir dans la minute qui suit : voilà qui était un peu fort !

« Mais on se fout du monde là ! » fit-il en agitant les mains avec fureur.

Yoh empoigna le comlink avec l’énergie du désespoir.

« Charles-3-PO ! Sors-nous de ce merdier ! »
« Bien sûr, Maître. D2, tu as entendu ? Bloque le vérins et ouvre la porte »

Petit temps de latence.

« D2 dit que non. Il veut que vous lui fassiez des excuses pour tout à l’heure »
« Quoi ? ! » s’étrangla Yoh.
« Il dit que vous avez très bien entendu »

Le pseudo apprenti jedaille fit le vide pour parvenir à se calmer. De son ton le plus sincère, il présenta ses excuses.

« Pardon D2-Arnaud… je me suis emporté. Mais tu as maintenant l’occasion de montrer toute ton importance dans cette mission en empêchant qu’on nous réduise en bouillies flasques »

Charles-3-PO continua de faire l’interprète.

« Il dit qu’il étudie la question »

Petit temps d’attente.

« C’est réglé, monsieur »

Lentement, les vérins grincèrent puis s’immobilisèrent. Il était moins une car le groupe avait menacé de ne former plus qu’une seule entité informe et hurlante. La porte s’ouvrit. Un par un, ils sortirent.

Dany-Wan n’était pas très loin du générateur. Il entendait le vrombissement que produisait le champ d’énergie. En le réduisant, il permettrait au Coutre de fuir. Une fois sur place, il contourna le pilier pour accéder aux commandes. Il baissa la manette qui réglait l’intensité, hélas, plusieurs gardes apparurent sur la passerelle qui menait au générateur. Ils pouvaient se rendre compte que le niveau était anormalement bas.

« Damned ! I’ve to find  a solution quickly… »

L’idée jaillit, lumineuse. Dany-Wan projeta la Contingence vers les soldats. Déstabilisés, ils chutèrent dans le puits sans fond. Ni vu ni connu.

« Unseen, unknown »

Le vieux jedaille quitta le générateur et s’engagea dans les couloirs qui menaient au hangar du Coutre Millenium. Il était proche du but quand un souffle rauque et artificiel déchira le silence. Dany-Wan n’eut pas besoin de se retourner.

« Pinguin… »
« Heu… oui… heu alors, c’est moi »

Yoh pila net. Ses compagnons courraient en direction du Coutre, obnubilés par la fuite. Derrière une baie de plastacier, le jeune homme aperçut son professeur. Un type tout noir se tenait près de lui. Solo se retourna.

« Kèss’tu branles, p’tit gars ? »

Mais Yoh n’entendait déjà plus rien. Les deux jedailles se toisaient, fiers et impressionnants.

« Tu… heu… n’aurais pas dû revenir Dany »
« Shut up Pinguin ! Je vais te casser la gueule, volatile de l’Antarctique ! »
« Heu… oui… heu, laisse-moi rire »

Dany-Wan n’avait jamais pu blairer ce guerrier galvanisé. Cependant, il n’avait aucune chance de le battre.

« Si tu me terrasses, je deviendrais bien plus puissant que tu ne peux l’imaginer »

Pingouin ricana.

« Heu… mon oeil ! Tu seras juste un hologramme bleuté ! »

Zut ! Il le sait…

Fatigué de ce jeu stérile, Dany-Wan chargea comme une brute. Pingouin prit ses appui et exécuta un salto avant vrillé. Tel un gymnaste ukrainien, il se réceptionna en douceur et fendit Dany-Wan de l’aine au menton. Point de tripes, la toge du jedaille s’effondra vide et ce fut tout. Pingouin regardait partout, perplexe.

« Heu… ben… il est où ? »
Yoh avait hurlé au moment le sabre laser de Pingouin avait rempli son funeste office. Il n’avait pas bougé de tout le combat alors que les stormtroopers menaçaient de surgir n’importe quand. Baïo commençait à sauter.

« Rampe, au moins ! Faut filer avant que ça ne devienne moins reggae ! »

Yoh se lamentait, telle une limace.

« Il est mort ! Il est mort… »
« Ouais, ben pense à toutes les versions auxquelles on échappe ! Allez ! Remue-toi ! »

Yoh grimpa la passerelle.

Les moteurs du Coutre se mirent en marche et le vaisseau cargo fila dans l’espace comme une balle de revolver. Quand ils furent hors de portée, les quelques Tailles lancés à leur poursuite éliminés, Solo lança l’hyperdrive. Les étoiles s’allongèrent, le Coutre disparut.

Ils étaient sauvés.

#14 Nirvana

Nirvana
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Posté 20 January 2012 - 14:44

@Elindor : Le prince est peut être un travelo, qui sait ?

Dany-Wan qui meurt ... Dommage, j'aimais bien sa façon de parler atypique qui me faisait réviser mon anglais. D'ailleurs, je savais même pas qu'il était censé disparaître à ce moment là ^^ C'est bien de réviser ses classiques en lisant un RP !

#15 ekdar

ekdar

    Guilde UV GW2

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Posté 20 January 2012 - 23:54

Super, j'ai enfin pris le temps de lire tout ça et je vois que j'ai pas perdu mon temps ^^

#16 Yobwo

Yobwo
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Posté 28 January 2012 - 16:24

Un nouveau lecteur ! Merci Ekdar :)
La première partie s'achève maintenant. Assistez donc à la destruction de Napoléon par une bande de bras cassés.


Il est presque inutile de dire que l’Alliance Rebelle fut hyper contente de voir les plans de Napoléon et le prince Mazari arriver de la manière la plus impromptue qui soit. On pensait perdre et voilà qu’on pouvait gagner.

Aussitôt que la nouvelle fut transmise dans les rangs de l’Alliance, on mit au point la stratégie d’attaque.

Détruire Napoléon.

Une tâche ardue, certes, mais noble. En réalité, le plan se décomposait en deux points principaux : y aller à plein plein plein et tenter de loger une torpille dans un trou minuscule qu’on sait même pas où il est. Le général Cric Madine laissa sa place à Ackbar. Chewbadéliaze se lécha les babines.

« Non Chewie. Ackbar n’est pas un mérou, une écrevisse ou une langoustine et encore moins un homard. C’est un Mon Calamari, alors tu le laisses tranquille »

Ackbar prit la parole.

« Bon, on va pas se raconter d’histoire, personne ne va survivre. On va tous y passer les uns après les autres, on va crever comme des chiens et l’Empire aura la main-mise sur l’Univers. Cependant, si l’un de vous parvient à loger ce foutu suppositoire dans le cul de Napoléon, je lui donne ma place, ma femme, mes enfants, ce qu’il veut ! Donc pas question de baisser les bras ! Battez-vous et succombez avec honneur. Le premier qui rebrousse chemin, je l’explose moi-même. On ne peut pas échapper à son destin et le votre est de mourir aujourd’hui ! Allez, tous à vos postes et priez que je revoie entière vos sales gueules ! »

Un pilote leva la main.

« Heu… t’as vu la tienne, man ? »

Ackbar désigna l’insolent, les yeux empreints d’une douce pitié.

« Pendez-moi cet enfoiré »

Le pilote fut traîné de force. Il disparut en hurlant.

Dans les hangars, l’effervescence atteignait des niveaux records. On courait partout, on beuglait des ordres à droite à gauche, on se rentrait dedans, on s’engueulait, on se poignardait, etc. Puis tous se figèrent d’un seul coup. Les haut-parleurs diffusaient une triste information.

« Napoléon nous a repéré. Il savent que nous sommes ici, à Carvin ! Grouillez-vous, tas de lombrics ! Vite ! Vite ! »

La voix ne pouvait être que celle du général Ackbar. On se bouscula deux fois plus, on se poignarda deux fois plus…

Yoh grimpa dans son Aile-X, accompagné de D2-Arnaud. Solo, lui, entassait dans le Coutre tout son fric, bavant à la seule pensée de la Willis 666. Il s’approcha de Yoh.

« J’aurais dû vous en parler… quand on est parti, j’ai vu un petit boîtier noir qui ressemblait ‘achement à un mouchard. Je me suis pas méfié… »

Yoh le rassura.

« T’inquiètes, tu vas pouvoir réparer ton erreur en participant à l’attaque »
« Oh, ça va pas non ! Tu peux te brosser p’tit gars ! J’y vais pas ! »
« C’est un gros trouillard, heu ! C’est un gros trouillard, heu ! C’est… »

Baïo, vexé, abandonna le gamin qui lui prenait la gueule, quelque chose de bien, et fonça au Coutre. Le cargo hugolien quitta la planète.

« Hum… susceptible ce gars-là… »

Napoléon s’était placé en orbite autour de Carvin, patientant tel un prédateur que son laser vert fût opérationnel. Ce groupe de saltimbanques allait rapidement regretter d’être venu au monde. Mais un essaim de chasseurs apparut au loin, formant une grosse pâtée sur les écrans radar.

« Chef, y’a plein de gens qui viennent ! »

L’officier regarda le technicien.

« On s’en fout »

Pingouin fit alors son apparition. Il scruta l’écran puis déclara.

« Oui… alors… heu, ce sont les Rebelles ! Tous à vos postes ! »

Puis il se tourna vers l’officier coupable de négligence.

« C’est… heu… votre dernière erreur »

La Contingence, puissante chez Pingouin, fit du fautif un paquet de noeuds, sorte d’horrible amalgame humain.

« Et ne recommencez plus… heu… hein »

Les rebelles débarquèrent dans la tranchées de Napoléon, pareils à une horde de bisons de l’espace. A vrai dire, leur stratégie était plus que limitée. Ils fonçaient par paquets de douze dans des couloirs faits pour quatre, d’où fumette. Rajoutons à cela les tourelles lasers, plus grouillantes que des poux sur la tête d’un chimpanzé et les chasseurs Tailles, hurlant comme jamais. Ce joyeux foutoir se révéla particulièrement improductif. Sur 142 G-Wing (c'est comme les X-Wing mais en forme de G, ce qui est nettement plus dur à fabriquer et nettement moins aérodynamique), 42 avaient explosé durant les deux premiers kilomètres. Rappelons que le couloir fait six cents kilomètres et demi. Au bout de trois cents kilomètres, il ne restait que 56 chasseurs. A cinquante kilomètres du conduit, seulement dix G-Wing avait survécu. Finalement, à dix kilomètres, il ne restait que Yoh, Ouedge et un gars inconnu, plutôt chounard.

Il faut dire que Pingouin s’en donnait à coeur joie, dégommant tout ce que lui tombait sous les pattes.

« Heu… oui… heu, un de moins ! »

Le pilote chounard tenta le premier de loger le missile dans le conduit. Armé de son ordinateur de bord, il calcula la meilleure trajectoire puis, enfin prêt, balança la purée. La torpille se perdit dans les étoiles à minimum 300 kilomètres de sa cible. Le pilote en fut dépité.

« Flûte ! »

Peu attentif à la vitesse de son engin, il s’encastra directement dans l’étroit passage, jouant de la manière la plus impromptue qui soit le rôle du missile. Sa vitesse était telle que l’G-Wing se compacta et rentra dans le conduit, dévalant le tube et s’arrêtant à deux millimètres du réacteur.

Pas de bol.

Ouedge fit part de la situation à Yoh qui n’avait rien suivi.

« Yoh ! Il faut que tu aides ce gars à avancer un tout petit peu plus. Essaye de lancer ta torpille ! »
« Hum… moui. C’est pas gagné »

Yoh lança plein pot son tacot, effrayant du même coup D2-Arnaud qui se tenait juste au-dessus. Il bipa un message à l’ordinateur de bord qui disait ceci : heureusement que j’ai pas de cheveux, sinon y seraient décoiffés. Bref, tous les espoirs de l’Alliance reposaient sur Yoh. Celui-ci se révéla d’ailleurs incapable de régler sa visée.

« Bordel, ça bouge trop ! »

En plus, Pingouin arrivait à toute berzingue dans son dos.

« Oh la poisse ! »

Au moment où il allait être dessoudé, un tir venu de nulle part percuta le chasseur de Pingouin qui partit en vrille on ne sait où.

« Oui… heu… j’crois que j’vais vomir mon grillon charentais ! »

Le vaisseau noir disparut, signe de défaite pour le sombre Sith.

« Heu… alors… heu… zut ! J’avais prévu un Château Laffite 74 pour fêter ma victoire ! »

Mais Yoh biglait toujours autant. Son sauveur, Baïo Solo, revenu in extremis car rongé par le remord, sautait :

« Plus vite, p’tit gars ! Plus vite, nom d’une couille ! »
« Ouais, ben j’fais ce que j’peux ! »

Soudain, la voix de Dany-Wan Kenobi résonna dans la tête de Yoh, pris au dépourvu.

« Shity bad boy ! Use the Contingency ! Vais-je le répéter cent mille fois, sombre extrait de pudding à l'ananas ! »
« Oh ? Dany-Wan ? J’vous croyais mort ! »
« I shaking my steaks of it ! Dépêche-toi ! »
« D’accord… »

Yoh fit le vide dans son esprit, ce qui, entre nous, ne prit pas longtemps. La Contingence afflua en lui, se substituant à l’ordinateur de bord. Yoh ajusta sa vitesse, arrangea sa trajectoire pile-poil comme y faut et enclencha le siège éjectable. Solo le récupéra d’une habile manoeuvre avant qu’il ne meurt étouffé et s’éloigna de Napoléon. Le chasseur, guidé par la Contingence, s’encastra parfaitement dans le conduit et eut juste la puissance nécessaire pour pousser le vaisseau déjà présent dans le réacteur. La réaction fut immédiate.

Tout péta.

Kenshiro n’aurait pas fait mieux avec ses doigts. Les Rebelles avaient gagné…


Dans le hall du quartier général de L’Alliance Rebelle, nos héros attendaient la remise des médailles. Grâce à eux, l’univers avait été soulagé d’une menace considérable. Napoléon partit en fumée, l’empereur voyait ses plans contrariés.

Les trompettes retentirent, Yoh, Baïo, Chewbadéliaze et les deux droïdes empruntèrent le long couloir qui menait à l’estrade. De part et d’autre, des milliers de gens leur faisaient la fête, heureux de cette victoire inattendue. Le prince Mazari les reçut, souriant, et remit à chacun une grosse médaille en chocolat. Après de tels exploits, c’était bien le moins qu’il pouvait faire. On se fit la bise, on serra des paluches, on chanta, dansa, etc. Pour le moment, le temps était à la déconne jusqu’au retour des heures sombres.

Pingouin n’était plus qu’un mauvais souvenir. Un mauvais souvenir qui n’allait pas tarder à refaire parler de lui.


Rendez-vous au prochain épisode :


L’Empire be back again


Heu…oui… alors méfiez-vous, hein !



#17 Nirvana

Nirvana
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Posté 02 February 2012 - 11:13

J'adore !! Je veux déjà lire la suite !!! Surtout que je sais qu'elle est déjà écrite ^^

#18 Elindor

Elindor
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Posté 06 February 2012 - 16:42

J'ai éclaté de rire plusieurs fois ^^

"Yoh fit le vide dans son esprit, ce qui, entre nous, ne prit pas longtemps." :D :lol: :P

Heu... oui... heu... ben... la suite quoi !

#19 green coulatis

green coulatis
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Posté 07 February 2012 - 10:14

Clair la suiteeeeee!!!

#20 Yobwo

Yobwo
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Posté 07 February 2012 - 20:26

A la demande générale, la suiiiiiiittttte-euh ! On démarre comme on a terminé : dans la consternation. Et Elindor trouvera la réponse à une de ses questions. Les autres continueront simplement de profiter de cette belle bande de nuls.

EPISODE V : L'Empire be back again


La destruction de Napoléon avait porté un rude coup d’arrêt aux prétentions de L’Empire. Il n’était cependant pas question qu’une vieille bande de pèlerins s’en sorte à si bon compte. Mais alors pas du tout… Pingouin, sévèrement tancé par son maître, avait amorcé son rachat en déployant des moyens colossaux afin de débusquer ces satanés rebelles. Des millions de droïde-sondes étaient balancés aux quatre coins de l’univers, fouillant chaque centimètre de chaque galaxie connue. Une fouille aussi draconienne ne pouvait que porter ses fruits. Pas d’échec, l’Empire avait sa fierté après tout.

Quelque part ‘achement loin, sur une planète pourrax recouvert de glace et de neige, s’étendait la base rebelle, cachée dans les méandres d’une vaste grotte. Il fallait bien avouer que personne n’aurait eu idée de les chercher dans un tel trou. Néanmoins, la prudence restait de mise car, avec Pingouin, on ne savait jamais. Si un coin du Jura est nommée la petite Sibérie, là, c’était carrément le putain de congélo intergalactique, à te geler les oeufs avant même qu’une sensation de froid n’atteigne le cerveau, d’ailleurs déjà frappé de mort clinique depuis un bout de temps.

Au coeur de cette mouise, donc, une comète s’écrasa. En fait, c’était ptêt pas une comète... et même pas du tout car un truc en sortit. Un machin noir ressemblant, grosso modo, à une pieuvre dont la tête aurait été un beignet, flottait dans les airs en bipant de manière bordélique : on aurait dit un gargouillis électronique.

Tout cela n’annonçait rien de bon… oh non, messieurs, dames !






Sur la plaine désespérément blanche, un mec, sur un croisement de cheval et de kangourou affublé d’une tronche de bouquetin, jetait des coups d’oeil inquisiteurs, comme à la recherche de quelque chose. Vu que Pahotdutou était une planète morte et que seuls les rebelles étaient assez cons pour s’y installer, la dépense d’énergie semblait vaine. Pourtant, dans ce contexte de paranoïa intensive, on pouvait l’excuser.

Pis une sacrée bon sang de tempête de neige n’arrangeait rien. La visibilité était plutôt nulle.

« Crévindieu, on a vu temps moins changeant ! Y’a pas cinq minutes, tout était clair, et v’là ti pas que maintenant j’vois rien ! »

Yoh savait toujours trouver les mots justes. La bête s’agitait, visiblement dérangée, sans doute plus par une créature que par l’incongruité intellectuelle de son cavalier. Il est vrai que, Taun-taun de son état, il pouvait espérer meilleur compagnon que cet énergumène. Mais la pauvre bestiole ne put se lamenter longtemps sur son sort puisqu’un coup de griffe la fendit en deux ( ben oui, c’est toujours comme ça l’épique, on en fait trop ). Yoh se ramassa comme un sac de patates pas aidé. Il se fit mal en plus.

« Aïe, bon dez ! »

La menace invisible l’assomma puis le traîna par le pied, n’ayant rien à secouer qu’il soit jedi ou pas.

Le général Baïo vaquait à ses occupations. La princesse Leïa étant devenu le prince Mazari, et Solo revendiquant à 100% son hétérosexualité, il courait la gueuse dans les couloirs gelés. Sur le point d’en attraper une, il fut convoqué au centre de commandement. Bon gré mal gré, il relâcha la malheureuse et se rendit au lieu donné.

« Pfff… peut même pas bosser tranquille ici ! »

Il prit un malin plaisir à mettre beaucoup de temps pour rejoindre les fils de chacal qui lui avaient niqué sa journée. Enfin présent, on le réprimanda.

« Quand je dis di suite, et ben c’est di suite, bordel de flûte ! »
« Holà, du calme mon ami… pas besoin de sauter pour si peu ! »

Mazari attendit que le silence revienne puis fit part de la situation.

« On a repéré un truc »
« Bigre, voilà qui me troue le c… ! »

Le prince fit les gros yeux.

« Ne soyez pas insolent, après j’ai les mollets qui gonflent… Bon, un objet inconnu a débarqué sur la planète il y a peu. Ce sont les coordonnées, allez y et vérifiez »
« Moi ? ! Pourquoi moi et pas ce nul qui m’a engueulé tout à l’heure ? »
« Vous l’avez dit : parce qu’il est nul. Ne traînez pas… »
« Raah, ça commence à me plaire ! »

Baïo Solo se dirigea vers son fameux vaisseau, sorte d’immonde tas de pièces agglomérées, le Coutre. Perché sur la carlingue rouillée au possible, Chewbadéliaze usait du fer à souder. Solo le héla.

« Oh boule de poils ! Devine quoi : on a une mission ! »

Chewie beugla un truc.

« Bien sûr qu’on va se cailler les miches ! Dehors y fait moins 80 sous l'abri et moins deux milliards en ressenti »

Le wookie n’était guère enthousiaste à l’idée d’avoir le poil cassant. Néanmoins, ils se préparèrent et sortirent à la faveur d’un superbe ciel bleu.

Baïo Solo, masqué par un synclinal, scruta le site à la macrojumelle (rappelons pour les ours en hibernation que les macrojumelles sont comme des jumelles, mais en beaucoup plus bien). Un droïde volait lentement au-dessus des collines. Mieux valait le neutraliser en douceur car il ressemblait un peu trop à un droïde-sonde impérial. Baïo le contourna habilement mais Chewbadéliaze eut pile à ce moment-là, l’idée géniale de brailler. Surpris, le robot mitrailla les alentours, tel un boeuf. Le contrebandier l’ajusta d’un tir de blaster et il ne resta du droïde que des débris fumants. Solo rejoignit Chewie et le taun-taun.

« Bon, moi je rentre, j’ai les bubbles qui se solidifient dans le caleçon »

« Un droïde-sonde ?! » s’exclama Mazari, quelque peu bousculé par la nouvelle.
« Ben ouais, mon gars ! Aussi sûr que je te vois ! »
« Voilà qui nous fout dans un beau merdier… »

Les rebelles n’avaient pas emménagé depuis longtemps et la fuite s’avérait déjà probable. Que de matériel à bouger, embarquer, trimbaler par monts et par vaux ! Que d’hommes et de femmes à protéger, surveiller, envoyer au combat ! Que de…

« Bon, c’est pas que je m’emmerde mais j’ai du boulot ! »

Le général Solo partit d’un pas nonchalant en direction de ses appartements afin de piquer un roupillon. Un mec intervint alors inopinément.

« Heu… pardon, mais le commandant Yoh n’est toujours pas rentré »

Baïo se retourna.

« Qui ?… Ah Yoh ! C’est vrai qu’il est commandant… j’arrive pas à m’y faire. Bon, j’pars à sa recherche ! »
« Hein ? ! s’étrangla le gars. La nuit tombe. Votre bestiole va crever au bout de deux foulées dans la neige ! »
« Bah ! J’irais à pied… »
« Mais vous êtes inconscient ! Vos pied vont geler dans vos moon-boots et rester dedans quand vous voudrez avancer ! »
« Bah ! J’irais à moignons… heu… t’as raison p’tit gars : j’attendrais demain ! »

Il se tira dans sa piaule, l’air de rien. Le mec poussa un soupir de désespoir.

« Où vous l’avez trouvé ce gros naze ? »
« En fait, c’est lui qui m’a trouvé. J’y suis pour rien ! »

Le lendemain, aux premières lueurs de l’aube, Solo attendait devant les lourdes portes de métal l’heure de leur ouverture. Le même mec que l’autre fois s’approcha de lui, en pyjama.

« Kess vous foutez là ? »
« Qu’on ouvre ces portes, satanique ! »
« Mais il est cinq heures ! On ouvre qu’à sept heures à cause du gel ! »
« Ouvre la porte, maraud ! »
« Mais… »
« Ouvre ! »
« Le gel… »
« Sache que je m’en frotte furieusement le nombril avec le pinceau de l’indifférence ! Maintenant agis, crapaud guatémaltèque ! »

Le mec se dirigea vers l’interrupteur et ouvrit les portes, juste de quoi faire passer le contrebandier, puis les renferma aussitôt. Il eut le temps de mourir dix fois de froid.

« Ce type va m’achever… »

Loin de là, dans une vieille grotte qui fleurait bon la charogne, Yoh pendait la tête en bas. Ses pieds étaient pris dans le plafond gelé, ce qui le maintenait dans cette position inconfortable. Il tirait une tronche d’un kilomètre, signe de sa mauvaise nuit. Le yéti n’est pas bon hôte, il se contente de bouffer ses invités. Yoh l’aperçut d’ailleurs en train de gober un morceau de barbaque gros comme un torse.

« Bordel, mon sabre-laser… oukilai ? »

L’arme traînait dans un tas de neige. Le seul moyen de l’attraper revenait à utiliser la Contingence. Yoh se concentra de toutes ses forces, transpira comme un porc et réussit à faire vaciller le manche du laser. Presque… Enfin l’arme vola jusqu’à sa main et il se dégagea de sa prison. Le yéti arrivait à grandes enjambées, il fallait faire vite. Yoh trancha un bras au monstre puis détala au-dehors. De manière absolument pas impromptue, y f’sait vachement froid. Résultat, au bout de pas longtemps, l’apprenti jedaille s’écroula dans la neige, à la limité de l’hypothermie. Dany-Wan choisit ce moment-là pour apparaître.

« Young bastard ! Go to Dagobah… if you’re still alive. Smegghead ! »

Au moment où l’apparition s’effaça, Solo prit sa place, ange salvateur.

« Tiens, v’là non pas du boudin, mais le p’tit gars ! Flûte, mon Taun-taun vient de caner… c’est ballot. Bon, prenons le sabre-laser et ouvrons l’immonde bedaine de la bestiole… voilà… foutons p’tit gars dedans et à demain ! »

Sur ce, il s’endormit près de la carcasse.
L’affaire avait été rondement menée.

Quand les Snowspeeders lancés à leur recherche revinrent, tout le monde poussa un ouf de soulagement. De tels pertes auraient été catastrophiques pour la Rebellion.

« …Mumpf… ça dépend du point de vue » râla un gars.
« Arrête, man ! T’as fumé le script ou quoi ? ! C’est eux qui font tout le boulot »
« C’est une violation, une abjecte minimisation de notre apport dans cette guerre politique, nom d’un petit bonhomme ! Je veux que justice soit rendue ! Allez les mecs : tous en grève ! Scandez avec moi : Nous-ne-voulons-pas-être-des-travailleurs-de-l’ombre! Nous voulons-aussi-le-pognon-et-les-filles ! »

Un tireur d’élite en faction, comme le stipule tout règlement digne de ce nom, logea une balle dans le tête de l’importun qui s’écroula immédiatement. Le corps fut évacué et tout rentra dans l’ordre.

« Saloperie de syndicalistes... Ok, on reprend ! Moteur… Action ! »

Yoh toujours inanimé fut transporté jusqu’à la cellule médicale. Pendant pas mal d’heures, on le regarda flotter dans une cuve bacta, telle une crevette sous Prozac. Il finit par sortir, frais comme un gardon, mais pas en état de faire le mariole. Il se reposait dans une chambre de la cellule médicale, discutant avec Chewie et Mazari quand une ravissante jeune femme fit irruption dans la pièce, essoufflée.

« Sauvez-moi ! Y’a un malade qui me poursuit ! »

En effet, des bruits de pas retentirent dans le couloir. Ils se rapprochaient. Puis Baïo Solo apparut soudainement.

« A nous deux ma jolie… hin ! Hin ! »

Il avança doucement.

« Viens ma pupuce… viens voir tonton Baïo ! »

Les drôles de grimaces qu’il faisait avec la bouche signifiait son envie de l’embrasser.

« Kiss me baby ! »
« Plutôt crever, sale pervers ! »
« Hum… elle m’aime déjà ! »

La jeune femme se retrouva acculée contre un mur. Une chaise était repliée non loin de là : elle l’empoigna et défonça la tête de Solo qui traversa une cloison de contreplaqué. Contente, elle redressa fièrement le menton et s’en alla. Le contrebandier se dégagea de sa prison de carton-pâte, l’air peu amène.

« Putain, la garce ! »

Yoh se tordait en deux de rire et Chewie grogna une vanne. Solo le regarda droit dans les yeux.

« Oh… tu peux rire, boule de poils ! »

Il sortit un court instant de la chambre puis revint avec un bon vieux fusil à pompe.

« Foutez tous le camp bande de branleurs ! Je vais vous apprendre à vous moquer ! »

Il tira deux coups. En une demi-seconde, tous avaient détalé.




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