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ADRIAN


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6 réponses à ce sujet

#1 Yobwo

Yobwo
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Posté 25 October 2010 - 23:04

ADRIAN



DEUXIEME GENERATION



Un texte en appelant d'autre, inspiré et motivé, j'ai écrit comme un porc  afin de vous livrer le premier chapitre narrant les aventures du fils  d'Ether et Claire. Je ne promets aucune régularité dans les parutions,  en revanche, les chapitres devraient être plus longs que ceux de la  partie précédente. N'hésitez pas à faire part de vos impressions sur ce  tournant opéré par la saga :blush:



Chapitre 1 : Douze ans plus tard

« Hé ! Rend-moi ça ! »

Un poing solide heurta le crâne du voleur, suffisamment fort pour le dissuader de recommencer. Ce n'était qu'un garçon d'une dizaine d'années et il prit la fuite en geignant. Son bourreau accusait presque la vingtaine, portait des cheveux blonds tressés et noués en queue de cheval qui contrastaient avec sa peau bistre. Chaussé de sandales, ses pieds battaient la mesure de sa contrariété, une main sur la hanche, l'autre tendue en direction du voleur puis ramenée en direction de ses propres yeux d'un geste furieux :

« Je t'ai à l'oeil ! T'as pas intérêt à t'approcher ! »

Il tenait un bijou arraché au chenapan qu'il fourra dans la poche de son pantalon de toile brun usé jusqu'à la corde. Un soupir sec chassa une mèche récalcitrante. Il fit ensuite claquer le métal de ses avant-bras, plaques de métal cabossées offertes un an auparavant par l'homme qui l'avait rejoint entre temps. Un grand gaillard au crâne chauve protégé par une armure massive.

« Dis, demi-portion... fit le gaillard. Je ne t'ai pas appris ce que je sais pour que tu martyrises les quart de portion ».
« Il essayait de me faucher le pendentif de ma mère, s'emporta l'autre en sortant précipitamment le bijou de sa poche. C'est tout ce qui me reste d'elle ! »
« Ouais ben... »

Le gaillard se cura l'oreille de l'extrémité du petit doigt.

« ... pour que ça va te servir, tu pourrais autant le jeter sur le bord de la route »

L'autre croisa les bras, l'air plein de reproches.

« Je fais ce que je veux de mes affaires » répliqua-t-il froidement.
« A ta guise, demi-portion. Si tu tiens tant que ça à devenir un pleurnichard passéiste... »
« Par les cornes de Balthazar, cesse de m'appeler demi-portion ! J'ai dix-neuf ans, Basile ! »

Basile haussa les épaules, ce qui fut comique étant donné la silhouette que lui conférait sa protection.

« Quel rapport ? »
« Bah ! »

Adrian balaya l'air d'une main, dépité. Crétin de guerrier. Il y était attaché mais ça ne l'empêchait pas d'être un crétin tout de même. Basile aurait décontenancé une statue.

La vie sur la côte de Marga n'avait rien d'une sinécure mais était acceptable. Le guerrier et son apprenti voyageaient beaucoup à travers le continent, le long de la mer ou en bordure des crêtes, dans le désert ou à proximité des villages. Kourna possédait une grande tradition militaire et les forts constellaient le territoire, rappel permanent du pouvoir de l'armée sur les habitants, pour la plupart éleveurs ou cultivateurs. Les soldats devenaient de plus en plus nombreux. De plus en plus présents. Si la paix avait été établie entre les trois puissances d'Elona depuis Turaï, l'avènement de Varesh Ossa – sa descendante – suscitait les craintes, que l'accélération des campagne de recrutement et l'amplification des manoeuvres nourrissaient jour après jour. Adrian et Basile avaient assisté à des enrôlements de force, de véritables rapts auxquels les paysans se soumettaient d'étrange façon. Eux-mêmes devaient leur relative tranquillité à ce statut d'apatride qui les rendaient impropres à la confiance. L'armée kournane n'aimait pas engager les étrangers ou les vagabonds, jugés trop louches. Quelques anicroches n'avaient heureusement mené à aucune passe d'arme. Adrian s'inquiétait de la montée du nationalisme dans les discours officiels. On exhortait rarement le peuple à se regrouper sous la bannière sans volonté d'annexion derrière la tête. Pourtant Basile s'entêtait à ne pas se mêler des affaires du pays. Laissons Kourna aux Kournans, répétait-il systématiquement. L'homme était rude, cynique et très frileux quant à son passé. Il ne manquait jamais l'occasion de reprocher les rares défaillances d'Adrian en la matière, lui qui s'était somme toute plutôt bien accommodé du destin tragique de ses parents.

Il aspira l'air chaud et le recracha d'un coup, en proie à une réminiscence imprévue (elles le surprenaient souvent) et un vague-à-l'âme agita son mental de combattant endurci. Douze ans que Basile l'avait pris sous son aile, qu'il l'avait elévé aussi correctement que possible et entraîné à manier l'épée afin qu'il se renforce et se défende.

« Tu as l'esprit vif et acéré, le mioche. Une épée te conviendra mieux que mon marteau. Travaille. Travaille jusqu'à ce que bout de fer aiguisé réponde à la moindre de tes pensées. La vie n'est pas compliqué que ça »

Evidemment, un guerrier pensait comme un guerrier. Inutile de réclamer davantage de Basile, si maîtrisée soit l'explication du pourquoi et du comment de l'ensemble des choses magnifiques que pouvait réellement offrir la vie. Avec un grand V. Le garçon tira sur sa queue de cheval afin que l'anneau d'argent se rapproche de son crâne et tienne mieux les cheveux en place. Un butin pris sur le cadavre d'un corsaire. Une femme de bon goût dont il avait approuvé le choix de l'ornement capillaire en lui passant une lame dans le corps. Méthode peu orthodoxe mais ô combien efficace. Durant ces joutes mortelles, Adrian avait saisi le sens des parols de son mentor. L'existence d'un homme solitaire dans le désert ne tenait généralement qu'au fil de son épée. Et là, le plus talentueux ou le plus opiniâtre l'emportait. Alors autant être les deux.

Il sentit quelque chose lui baisser légèrement le pantalon. La fille de Selvhino, un paysan du coin qui venait parfois demander un service aux deux voyageurs. Il remonta prestement la toile en s'écriant :

« Tu veux voir mes fesses ou quoi ? Sont pas croyables les filles dans ce pays... et la tendresse ? »

Une piètre tentative d'humour qui se heurta à l'incompréhension de la gamine, sale et mal coiffée, bien trop jeune pour capter l'ironie de cette réplique. Elle se contenta de le scruter avec des billes de laques, ses petits orteils fouaillant la terre ferrugineuse de Marga tandis qu'elle tordait ses doigts de timidité et de crainte face à l'adulte qui la rouspétait. Adulte... seule une gamine pouvait à ce point se fourvoyer dans l'analyse d'un individu assez haut pour l'impressionner rien qu'en ouvrant la bouche.

« Qu'est-ce que tu veux l'asticot ? »

Il se frappa immédiatement le visage de la main, abasourdi de sa propre bêtise. L'asticot ! Basile avait une influence néfaste. La gamine le regarda toujours sans comprendre. Adrian agita les mains, à court de mots.

« Ton père, je dois aller voir ton père je suppose » termina-t-il en grimaçant.
« Voui... »

Il se dirigea vers le village, un modeste attroupement de maisons traditionnelles en torchis, érigées en pointe creuse comme des conduits de cheminées. Dans un pays aussi chaud, la maison n'était qu'un abri pour la nuit et ne consistait qu'en un cercle de tapis autour d'un feu central dédié à la cuisine. Les parois concaves s'ornaient de motifs en frise explorant toute la gamme des rouges, du rose-blanc au rouge-brun, ce qui était logique puisque la les pigments provenaient de la terre si caractéristique de cette région du continent. Des pieux de bois transperçaient le tube creux sur toute la moitié supérieure du logis, sans doute pour renforcer un édifice autrement fragile. Adrian zigzagua entre les fougères, les vasques posées sur des supports de tiges de bois croisées, les cordes à linge garnis de vêtements et les sacs de mil et de manioc. Affairé à ranger ses outils, le père de la gamine le salua. Il arborait de vilaines griffures. Jetant un oeil à sa fille, Selvhino titilla le garçon sur le ton de la plaisanterie :

« Tu t'amuses à faire des frayeurs à ma princesse ? »
« Ta princesse, comme tu l'appelles, est une perverse. Elle voulait me foutre cul nu ! »
« Pardon ? »
« Tu devrais lui apprendre à ne pas tirer avec autant d'insistance sur les pantalons, insista le garçon. Je n'avais fait qu'un noeud rapide et il aurait pu se défaire ».

Selvhino se tourna vers la fautive, sourcils froncés dans une parodie de remontrance.

« Tu entends, Ibifa ? Fais tes excuses »
« Pardon m'sieur... » murmura la gamine apeurée.

Le père se mit à rire et invita Ibifa à les laisser discuter. Quand elle fut partie, non sans tirer  la langue à Adrian qui lui répondit de la même façon, ils en vinrent au fait.

« J'aimerais que tu me débarrasses des mandragores qui ont envahi mon jardin. C'est déjà assez difficile de cultiver quoi que ce soit ici, sans qu'en plus des saletés viennent tout saccager, gémit le paysan. Elles sont petites mais sacrément coriaces »

« Je vais prévenir Basile » fit Adrian, guère emballé.

Les cicatrices étaient éloquentes.

Un cri strident s'éleva dans les airs lorsque la lame perça la carapace blanche de la créature, qui se tortilla vigoureusement en battant des pattes. Elle eût la tête tranchée et continua à remuer durant plusieurs minutes. Une mandragore dissimulée s'attaque soudain aux jambes de Basile. Les crochets rebondirent contre la plaque et le marteau de mithril l'éclatèrent proprement. Elle aussi refusa de d'agoniser.

« C'est écoeurant... » se plaignit le plus jeune des deux.
« Tu m'avais jamais révélé que t'étais un travesti, demi-portion » le railla le plus costaud.
« Non mais ça n'a même pas la décence de mourir dignement ».

Une nouvelle mandragore se faufila parmi les plants avant de se retrouver coupée en deux et de pousser une plainte déchirante, ses rangées de dents microscopiques en évidence sur un faciès dénué d'yeux.

« Tu vas la fermer, oui ! » l'enguirlanda Adrian en sautant dessus à pieds joints.
« Gaffe, l'asticot. Tu vas te blesser »

Une pointe de la carapace perça la sandale et pénétra la chair de l'autre côté, ce qui fit pousser un juron au garçon qui sautilla pour éviter de poser le pied par terre. Une fois la corvée terminée, ils se reposèrent un instant près des barrières. Le soleil tombait derrière le fort qui dominait la colline proche. Cela créait une telle proximité entre la couleur du ciel et de la terre, que le monde semblait baigner dans une sorte de liquide amniotique. Occupé à retirer le fragment de chitine de sa plante endolorie, Adrian n'y prêtait pas attention, jurant tant qu'il pouvait sous le regard interdit de Basile.

« C'est un boulot de fermier, pas de guerrier ! » pesta le fautif.
« Si t'es pas capable de te concentrer sur une tâche simple, ça sert à rien d'espérer des combats glorieux. Et je te signale que grâce à ce gars, nous allons manger à notre faim ce soir. Alors tu la boucles »

Adrian se renfrogna. Il s'abstint toutefois de répliquer. Son deuxième père adorait peut-être le second degré, cela ne l'empêchait pas de se montrer sérieux voire sévère. Selvhino les remercia en partageant une partie de ses récoltes ainsi que la moitié d'un généreux gâteau préparé par sa femme. Ils se préparaient à quitter le village pour le campement quand un homme explosa dans leur dos.

« Sale fils de drake ! Qui t'a permis de frapper mon fils !? »

Adrian écarquilla les yeux, jeta sa part du colis sur les bras de Basile et s'exclama :

« Oho... je dois filer »

Il démarra en trombe et sortit de l'enceinte du village, bifurquant au sud, sur ses talons l'homme enragé qui brandissait une bêche. Le laissé pour compte se fit la réflexion que la blessure ne devait pas être si profonde pour que le gosse cavale à cette allure.

La nuit tombée, Adrian reparut. Il n'avait pas le souffle court, signe qu'il avait réussi à semer le cerbère aisément puis était rentré en flânant sous une lune splendide. Il s'empara prestement du bol rudimentaire qui lui était tendu et enfourna la semoule comme un goinfre. Repu, il s'essuya la bouche non sans enfourner une part de gâteau, regrettant l'absence de viande. Il se cala près du feu, absorbé par le crépitement des flammes qui tentaient de briser le silence et de lutter contre les ténèbres.

« Demain, il faudra chasser le drake »

Adrian acquiesça puis s'allongea sur le dos. Les étoiles qui parsemaient la voûte sombre et  inaccessible formaient un gigantesque réseau de pierres précieuses qu'il détailla, l'esprit emporté par la mélancolie de jours languides qu'il n'avait jamais connu mais s'imaginait sans cesse. Sa mère était morte trop tôt pour qu'il s'en souvînt. Ne demeurait que les discours bâclés de Mantika et de son âme damnée, improbables parents de substitution durant sept ans. La macabre sorcière avait admis que son père avait été tué par les Lanciers sans en préciser les circonstances ou les raisons. Claire (maman ?) n'avait pas supporté cette perte tragique et malgré l'amour qu'elle portait à son enfant, elle s'était laissé dépérir. Il ne lui en voulait pas. Comment aurait-il réagi en de pareilles circonstances ? On ne répondait à ce genre de question qu'en y étant confronté soi-même. Il serra le pendentif dans sa poche. Arkal, le nécromant, lui en avait fait cadeau à la mort de la moniale. Un élan de pitié. Ou peut-être pas. Tout était si calculé chez eux. Toujours était-il qu'arriva le moment où ils déclarèrent que leur part du travail était accompli et ils le déposèrent au milieu de nulle part, promettant que quelqu'un prendrait bientôt le relais. Le point le plus clair de sa vie. Aussi clair que la plus resplendissante des étoiles perchées là-haut, hors du temps et de l'espace. Basile dormait. Le pendentif se plaça juste à côté du point de lumière avant de coulisser de façon à ce que coïncident l'étoile et le saphir au centre de la croix de cristal qui constituait l'objet. L'étoile faisait partie d'une constellation. D'un seul point brillant se tissait un ensemble d'astres liés par une invisible magie divine. Et si c'était pareil pour nous, songea-t-il. Si les êtres comme les astres brillaient d'une lumière inégale pour former, chacun à sa manière, la trame d'une tapisserie plus vaste ?

Un nuage solitaire couvrit l'échafaudage céleste. Le garçon renifla, regard dans le vide et rangea le pendentif. Au loin gronda un drake insomniaque. Très certainement le futur repas des deux compères. A cette idée, Adrian oublia les plans du destin et se lécha les babines devant l'image omniprésente de la viande savoureuse mâtinée d'herbes aromatiques.

#2 Baner L'Archer

Baner L'Archer
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Posté 03 November 2010 - 18:30

j'avais pas vu sa!
il me plait adrian. Basile aussi, quelques petites touches d'humour par-ci par-la, quelques fautes et oublis de mot aussi mais rien de bien grave.
En tout cas, Mantika et alkar sont tres louche. C'est pas nouveau remarque...
quel va etre l'element declencheur de l'aventure? Je voit pas tropd'indice. à part, peut-etre l'accession au trone de Varesh et l'agitation des kournans.

#3 Elindor

Elindor
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Posté 10 November 2010 - 13:18

Mantika s'est barrée ^^

A mon avis, Baner, ici on fait surtout connaissance avec ce jeune homme au caractère bien trempé. Nous verrons l'intrigue quand Yobwo se décidera à soulever un pan du rideau pour nous la dévoiler ;)

Au fait, maintenant que j'y pense, ça se passe des tonnes de temps après Shinghitai, cette histoire... Comment Mantika peut être encore là ? O_o

En tout cas, le petit Adrian me plait pas mal :blush: J'espère qu'il mourra pas trop vite... On sait jamais, avec toi !

#4 Yobwo

Yobwo
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Posté 10 November 2010 - 23:18

Le récit va s'intégrer à la campagne de Nightfall, sans pour autant en retracer l'intégralité. Il y aura quelques aménagements, je modifie toujours un peu les choses dans mon sens. Ce sera bientôt plus clair.

La Mantika d'Ether est bien celle de Shinghitai, même apparence et même caractère. Mais je l'utilise indépendamment de l'autre rp. Pas de lien direct entre les deux :blush:


Chapitre 2 : Partis trop tôt


« Attaque, bon sang ! On va pas y passer la journée... »

Basile, une main agrippée au marteau de mithril et un bras dégagé le long du corps, s'impatientait que le gamin mette autant de temps à se lancer. Flexions souples de son poignet, la tête de pioche exécutait des moulinets barbants et à rallonge censés représenter le summum du style chez un guerrier. Il s'y prenait certes bien mais le but d'un combat demeurait de tuer l'adversaire, si possible avec efficacité. Or, l'épée ne brassait que du vent depuis cinq minutes.

« Abrège, asticot ! C'est quoi ton plan ? Que le type en face meurt de vieillesse ? »
« Héhé, méfie-toi Basile, le prévint Adrian. Tu pourrais manquer le plus important... »
« Ouais. Comme une occasion de m'ennuyer par exemple »

L'homme râblé en armure se gratta l'oreille à l'aide de son auriculaire, en détailla distraitement le contenu puis pencha la tête, l'air de dire que le gamin avait d'ores et déjà gagné son coup de pied au cul. Adrian s'élança enfin. Course fluide, posture correcte, Basile fut surpris agréablement. Son idiot d'apprenti avait-il appris à faire ce qu'on lui demandait ? De quoi chavirer de bonheur.
La satisfaction s'envola lorsque le gamin modifia sa prise afin de tenter une feinte sans intérêt. Au lieu de l'attaque d'ouverture – à partir de laquelle découlait toutes les manoeuvres envisageables – Adrian fit racler la pointe de l'épée sur le sol dans son désir de porter une estocade décisive et immédiate. Un arc de cercle éclatant se dessina. Ce coup pouvait fendre un ennemi de l'aine au menton.
Le manche du marteau reposait contre le crâne aux tresses blondes, dernier essai d'inculquer un semblant de sagesse à son propriétaire. Adrian lâcha l'épée et s'accroupit en se tenant la tête à deux mains, yeux exorbités par la douleur.

« Aïe ! Non mais ça va pas, tu m'as fait mal ! »
« Sans blague, demi-portion. Tu crois ptêt qu'on joue à la marelle ? » se moqua Basile.

Le soupir qui suivit fut lourd de déception et il s'en alla, battant des doigts d'un geste agacé.

« Allez, remballe ton économe, c'est l'heure de manger »
« Tsss... »

Autour du ragoût de drake, l'humeur redevint badine et les deux compères partagèrent équitablement la viande, mangeant de bon appétit. Le gamin adorait ces moments de plaisir, la liberté de savourer un bon repas sous un ciel bleu privé de limite, assis sur la terre rouge qu'il aimait à présent. Une terre rude qui forgeait le corps et l'âme. Une terre exigeante, capricieuse, sauvage. Son idéal. Il se promit, entre deux bouchées, que sa future compagne serait à l'image de cette terre, d'où qu'elle provienne à l'origine. Oh oui, une belle amazone toute en griffes et cris, svelte et athlétique, à même de le mériter. Une belle peau brune satinée, de longues jambes bien galbées, de grands et beaux yeux noirs, une taille de guêpe et une grosse paire de s...

« Oh, petit pois ! Essuie-toi, tu baves »
« Heu... désolé, j'avais la tête ailleurs » s'excusa le rêveur.
« Tu m'en diras tant... »

Force était d'avouer que Basile, tout mentor qu'il était, manquait singulièrement d'imagination ou d'ambition. Malgré les années, il restait un mystère et ne parlait de rien car ayant le superflu en horreur. Exception faite de son répertoire interminable de sobriquets. Où il était né, sa famille, sa vie de manière générale, il n'abordait jamais ses questions comme si elles n'avaient pas la moindre importance. Pour un gamin privé si tôt de ses parents et élevé par une ritualiste sado-masochiste et un nécromant sociopathe immortel, cette ataraxie avait de quoi laisser perplexe. Aussi, dans l'espoir de bouger les choses, Adrian exprima son regret d'avoir grandi, de s'être construit et d'évoluer sans que ces parents y soient pour quelque chose. Ils étaient là, en lui. Pourtant l'absence ne cessait de le triturer et il savait que sa nonchalance, son attitude provocante constituaient des moyens de combler le manque affectif occasionné par leur disparition. Il souhaitait les connaître. Sa voir ce qu'ils avaient été, comment ils s'étaient rencontrés. D'un autre côté, aucune réponse ne les ramènerait et la futilité de l'entreprise ne faisait pas de doute. Basile l'écouta, attrapant un par un les morceaux juteux de son bol d'aloès verni, sans prononcer un mot. Lorsqu'il eût achevé, il s'essuya la bouche d'un revers de la main et déclara, regard dans le lointain où les vagues de particules dansaient sur l'horizon :

« Je me suis fadé les miens vingt ans et j'ai cru que ça me tuerait. Je t'envierais presque, l'avorton »

Ce fut prononcé d'un ton calme, détaché et néanmoins sérieux. Basile s'ouvrait. Il dévoilait un pan de sa vie antérieure, une parcelle de son être. Excité à l'idée d'en savoir davantage, Adrian s'exclama :
« Vraiment ? Raconte »
« Non, pas envie »

Fin de la discussion. Adrian retomba lourdement sur le sol, en tailleur, privé d'énergie. Mieux valait entendre cela que d'être sourd. Encore que...
Sur ces entrefaits, un groupe d'hommes et de femmes du village passèrent à proximité du campement, paniers chargés de fruits et outres remplies d'eau puisée à l'unique source des environs, deux kilomètres au nord. La plupart sourirent en apercevant le duo. Une des femmes, accompagnée de deux jeunes garçons, s'approcha même pour leur souhaiter le bonjour. Elle était petite, entre deux âges, fluette et rayonnante. D'une vitalité inversement proportionnelle à sa taille, songea Adrian. Les villageois s'étaient habitués à sa présence et celle de Basile, peu leur parlaient toutefois.

« Sabah el khayr, Basile » dit-elle, complice, les enfants serrés contre sa jupe.

Le guerrier, posé sur une souche, buste en avant, leva la main pour la saluer à son tour.

« Pareil, ouais »
« Tu ne changes pas, sadiq. Le même depuis ta première visite, il y a bien longtemps »

Un « o » apparut sur les lèvres d'Adrian. Elle le connaissait ! Elle possédait forcément des informations sur Basile, des anecdotes. S'il refusait de raconter, peut-être le ferait-elle.

« Ah, voilà quelqu'un qui pourra me renseigner, jubila Adrian. Figurez-vous, madame, que je cherche à lui tirer les vers du nez depuis des lustres et qu'il s'obstine à se taire. Auriez-vous la gentillesse de me conter une ou deux histoires le concernant ? »

La femme le regarda en battant des paupières. Elle s'esclaffa. Basile, en revanche, adressa un regard noir au vilain petit curieux.

« Si j'ai des histoires ? Mais évidemment ! »
« N'y pense même pas, Chedine » menaça Basile.
« Ne te fâche pas, je ne raconterais pas tout. Certains de nos jeux de l'époque ne s'adressent pas aux oreilles les plus sensibles » rigola-t-elle en caressant les cheveux des enfants qu'elle présenta comme ses fils.
« Hu ? S'étonna Adrian. Quels jeux ? Des trucs interdits ? »

Ce qui fit rire la femme de plus belle et plongea Basile dans un embarras moins que convenable. Il se gratta la peau du crâne en marmonnant :

« Disons qu'avant que la dame décide de se caser et de pondre des lardons, on a eu l'habitude de jouer ensemble, dans des coins peinards, à l'abri des sacrés bon sang d'indiscrets dans ton genre »

Adrian n'avait rien compris. Il évita soigneusement d'insister, de peur que le guerrier ne lui colle son poing dans la figure. Des jeux... il était bien avancé avec une réponse pareille. Lot de consolation, Chedine confirmait que son père de substitution était venu plusieurs fois dans les environs, qu'il y connaissait du monde et... pourquoi devaient-ils camper à l'écart au lieu de profiter de l'hospitalité de cette femme si joyeuse ?

« Avant... avant... tu oublies ton passage un mois après mon mariage. Bien qu'il y ait prescription, Lyes n'a toujours pas digéré et je jurerais que tu m'as évité jusqu'à maintenant »
« Je préfère me tenir loin des ennui ».
« Quitte à camper en pleine cambrousse ? »
« Ouais. Je ne regrette pas mais je suis pas spécialement fier non plus. Je suis sûr que c'est un brave type ton Lyes »

Menton calé dans sa paume droite, Adrian souffla de mécontentement. Ils causaient codé, tournant autour du pot sans s'exprimer de façon claire. Le gamin cessa d'écouter et se tourna vers les étendues désertiques couleur oxyde de fer, agrémentées de rares bandes de végétations qui détonaient au milieu du reste. Vert sur rouge, un drôle de mélange. La forteresse kournane semblait vide d'ici, colline abrupte nichée entre terre et ciel. A quatre-vingt dix degrés au sud, vers la côte, un tourbillon de poussière s'élevait et s'enroulait sur lui-même. Adrian le contempla pour tuer le temps. Il enflait et se déplaçait. Se dirigeait droit sur eux, quoiqu'il fût difficile d'en jauger la vitesse à cause de la perspective. Une tempête en préparation. Elle était étrange, trop ciblée à un endroit précis pour que le vent en soit responsable, et si ce n'était pas le vent...

« Rentre au village, Chedine. Ramène tes fils »

Basile était debout, attentif au nuage dont les volutes laissaient désormais apparaître de petits points blancs ordonnés.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Adrian.
« Une troupe en marche. Ou ce qu'il en reste »

Le guerrier, l'air anormalement grave, dispersa les braises du feu de cuisson, plia tente et couvertures. A nouveau tourné vers le nuage, il se passa la langue entre les dents.

« Attrape la vaisselle, on file nous aussi au village »

Adrian dut emboîter son pas rapide. Ils escortèrent une Chedine inquiète et occupée à rassurer ses enfants, ainsi que le groupe qui n'avait pu s'empêcher d'épier l'amas de poussière, précédé dorénavant d'hommes en rangs serrés. Basile grommelait. Adrian ne capta que deux mots.

Lanciers. Soleil.

#5 Elindor

Elindor
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Posté 11 November 2010 - 13:43

Il va avoir de sérieux problèmes, le Adrian, si les Lanciers comprennent qui il est... Le pendentif de Claire pourrait bien le trahir.

En attendant, Basile est un bon gros guerrier, il me plait toujours autant ^^

#6 Yobwo

Yobwo
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Posté 01 May 2011 - 13:07

C'est donc contraint et forcé, sous la pression d'un odieux chantage que je vous propose un nouveau chapitre d'ADRIAN. Moi, flemmard invétéré, fier de commencer des récits sans jamais les terminer, suis le prisonnier d'un terroriste littéraire sans scrupule qui use de son énorme influence à des fins diaboliques. Au secours.

Mais cela ne vous regarde en rien, profitez de l'aubaine et faites-vous plaisir :blush:


Chapitre 3 : La guerre frappe aux portes

Qu'est-ce que des Lanciers faisaient dans ce coin isolé de Kourna, si près d'une forteresse militaire ? Le village avait eu vent des rumeurs de guerre, d'accusations lancées à l'encontre du Maréchal Varesh. Des soupçons invraisemblables liées à l'ancien dieu noir Abaddon. Varesh ne jouissait pas d'un crédit immense parmi les classes pauvres qui attendaient autre chose que des promesses de fierté nationale au coeur de terres hostiles et disputées entre têtes couronnées, élites marchandes et élites guerrières. Quant aux Lanciers du Soleil, ils faisaient figure de pilier, de puissance neutre et digne de confiance. De là à gober que le Maréchal servait une divinité bannie... l'ensemble de la communauté s'était réunie à l'entrée du cercle que formaient les habitations à flanc de falaise. Au devant s'était placé Jonah, accompagné de Basile au cas où les discussions tourneraient mal. Ce que personne ne souhaitait. La délégation arriva au bout de plusieurs minutes de marche sous le soleil écrasant en provoquant ce nuage de poussière caractéristique que les sentinelles de la forteresse ne manqueraient pas d'apercevoir. De la surprise des peignit sur les visages tannés des paysans. Les soldats admirés se présentèrent dans un état lamentable. Fatigués, affamés, les armures entaillées, les lances brisées, ces hommes sales et hagards avaient subis bien plus qu'une défaite. Leur foi vacillait. Leurs yeux exprimaient la crainte. Ils n'avançaient que par la force de l'habitude, de la discipline et l'impulsion d'un meneur qui manifestait une volonté clairement supérieure au reste de la troupe malgré un âge deux fois plus avancé que la plupart : un moine richement vêtu du nom de Dunkoro. Autour de lui gravitaient des mercenaires à l’apparence bigarrée, loin de l'uniformité des Lanciers. L'armée cessa sa progression à proximité des portes. Le moine se présenta en émissaire et, de manière étrange, salua Jonah en vieil ami. L'Ancien lui rendit la pareille :

« Dunkoro, quelle joie de te revoir ! J'aurais aimé que les circonstances soient différentes mais... et bien, au moins tu es en vie »
« Certes. Peut-être aurait-il été préférable que je fusse mort et que nous soyons épargnés des sombres présages qui nous menacent »
« Quelles nouvelles apportes-tu ? » demanda Jonah, inquiet.

Hahla choisit l'instant pour les rejoindre. La Diseuse de Rêve du village aux orbites vides (qu'Adrian fuyait autant que possible) rendit ses hommages au moine et prit la parole.

« Est-ce vrai ? La terre est malade. Les songes perturbés par les ténèbres qui suintent de la vie-même. Notre pays est-il tombé si bas ? »
« Hélas. Je vous expliquerais la situation en temps et en heure. D'abord, nous devons nous cacher. Jonah, le refuge est-il aménagé et camouflé ainsi que je te l'avais demandé il y a vingt ans ? »
« Oui, j'ai tenu ma promesse ».
« Montre-moi »

Dunkoro s'attarda néanmoins devant Basile, ravalant son empressement afin de procéder aux présentations d'usage.

« Vous devez être le guerrier exilé. Basile ». Le colosse râblé acquiesça. « Votre réputation vous précède »
« Ouais, à ce qu'on dit. Pas de quoi casser trois pattes à un canard si vous voulez mon avis ».
« J'ignorais que les aventuriers pouvaient faire preuve d'autant de modestie »
« A quoi bon se vanter si le premier ennemi qui se pointe vous plante sa lame dans le ventre... Mourir vieux, voilà la véritable carte de visite »
« Tu comptais me cracher un jour qu t'étais en exil ? » fit soudain Adrian, cédant aux sirènes de l'impatience comme à l'accoutumée.
« Qui est ce jeune garçon ? » s’interrogea Dunkoro.
« Un écervelé »
« Le propre de son âge. Enchanté... hum ? »
« Adrian. Cardiguian »

Dunkoro tourna et retourna le nom durant de longues secondes puis déclara :

« Intéressant. Très intéressant. Si vous voulez bien m'excuser, je dois à présent conduire les miens en sécurité ».

Le garçon croisa les bras, contrarié par le mystère de ces déclarations. Son père adoptif était exilé pour on ne savait quelle raison. Le moine semblait avoir entendu parler de lui. La folle aveugle le dévisageait avec insistance. La plaie... il devait admettre qu'observer des soldats de métier et des baroudeurs surentraînés l'excitait. Basile était impressionnant mais le couvait de trop. Les entraînements le laissaient exsangue sans le confronter à des adversaires dignes de ce nom. Mandragores, termites et autres dangers des champs ne suffisaient pas à réfréner ses envies d'aventures. Il courut rejoindre les Lanciers, Basile et les spectateurs qui se rendaient au pied des montagnes auxquelles le village était adossé. Une végétation luxuriante y poussait. Une sorte de jardin intérieur dont le vert contrastait avec la couleur rouille des pierres. L’enchevêtrement de branches et de feuilles larges masquait habilement l'accès à un réseau de cavernes s'étalant sous les tentes et les champs leur servant d'écran. Grâce à un subtil jeu de lumière et d'ombres, il était possible d'écarter le premier rideau végétal sans se rendre compte de la présence d'une ouverture. Une piste conduisait au niveau inférieur, oeuvre d'un lent travail qui prenait enfin son sens tandis que les Lanciers arpentaient avec précaution la rampe au bout de laquelle un vaste dôme naturel allait servir de poste de commandement de fortune. Adrian collait aux basques de son mentor, fasciné par la phalange, sa coordination exemplaire. Il fut bousculé par une femme vêtue d'une ample robe turquoise et sienne décorée de broderies et de quincaillerie ouvragée dont l'élément le plus impressionnant consistait en un disque d'argent suspendu à sa taille par une fine chaîne. Le métal clinqua lors du choc. Ses cheveux tressés ondulèrent. Faux posée sur la clavicule, elle lâcha un « Pousse-toi avorton » particulièrement malpoli. Adrian ne se priva pas de cette chance.

« L'avorton, il va botter tes jolies fesses avec grand plaisir »

Fier de sa répartie, il afficha un air satisfait. Et cilla quand elle fit volte-face, passablement énervée. Une derviche avait sa sympathie puisque son père avait embrassé la vocation et que n'importe quel moyen de se rapprocher de lui enchantait le garçon. Il détestait cependant qu'on l'ignore et qu'on le traite, justement, en gamin. De surcroît, hors de question qu'une autre personne se mette à l'affubler de sobriquets agaçants. La femme souleva sa faux. Sacré engin. L'éclat dans le regard de la derviche le figea sur place. Je suis foutu pensa-t-il, prostré. La faux s'abattit sans autre forme de procès. Adrian avait fermé les paupières. Il se sentait gluant et froid. C'était donc ça la mort ? Au moment où il daigna rouvrir les yeux, il se vit couvert de fluides jailli de la carcasse d'une mandragore que la lame courbe venait de clouer au sol. Il soupira. Quelle trouille ! La derviche remit la faux sur son épaule et lui adressa un sourire moqueur.

« Reviens dans dix ans, minus, si tu veux me toucher les fesses »
« Pas certain que ça en vaille encore le coup. La peau sera trop détendue... »

Ecoeurée, elle s'éloigna en lui jetant des coups d'oeil menaçants à intervalles réguliers. Basile hésitait sur la conclusion.

« Une partie de moi voudrait te féliciter, l'autre voudrait... »

Un poing ganté frappa le sommet du crâne d'Adrian qui cria de douleur. Bon sang, il n'aimait pas les blagues débiles du guerrier !

Au centre de la grotte, les soldats déposèrent leur paquetage et Dunkoro donna ses ordres. Quelques aménagements seraient nécessaires avant que le souterrain soit pleinement opérationnel. Jonah avait fait de l'excellent travail. Guère plus qu'un mois permettrait aux Lanciers de se déployer dans toute la partie est de Kourna au nez et à la barbe des hommes de Varesh. Le moine expliqua ensuite à son ami ce qu'il avait à l'esprit. Au village d'agir comme si de rien n'était, quotidiennement, afin de berner les militaires en patrouille dans la zone. Ni le Maréchal, ni ses généraux ne soupçonnerait que les Lanciers aient pu se regrouper sur leur territoire. Un stratégie risquée qui reposait uniquement sur l'effet de surprise et la morgue de la fille d'Ossa. Elle, de son côté, pariait sur la renommée de son ancêtre Turaï vainqueur du seigneur mort-vivant Palawa Joko. La plèbe était forcément imbécile, éblouie par l'aura de la gloire. Elle lui mangerait dans le creux de la main. Il devenait impératif de sauver Koss, Kormir et au passage le maximum de prisonniers. A partir de ce mouvement, le temps serait compté car Kourna se douterait tôt ou tard de l'existence d'une base secrète à proximité.

Dunkoro prit Jonah, Hahla, Melonni à part. Il invita également Basile puis fit signe à Adrian de se joindre à eux. Beaucoup de choses devaient être dites. Le garçon s'assit en tailleur, méfiant à l'égard de la derviche qui n'avait pas digéré ses mots et le surveillait. En devinant ce qui se tramait, Dunkoro gloussa.

« Je vois que vous avez fait la connaissance de Melonni. C'est une fille de la région et une combattante de grande valeur ».
« Un peu brutale à mon goût » répondit Adrian.
« Qu'importe. Il me faut vous avertir de la menace qui pèse sur nos têtes... et de ce collier que vous porter, jeune Cardiguian ».
« Mon collier ? Pourquoi vous intéresserait-il ? »
« Qu'est-ce que l'on vous a raconté à son sujet ? »
« Ben... bredouilla le garçon, c'est un héritage de ma mère ».
« En êtes-vous sûr ? »
« Non, je ne l'ai jamais connu. J'étais trop jeune quand elle est morte, je répète seulement ce qu'on m'a dit »
« Passez-le moi, s'il vous plaît »

Dubitatif sur la santé mentale du vieillard à la figure ronde, Adrian s'exécuta et tendit le pendentif. Dunkoro le manipula avec précaution.

« Ceci, poursuivit-il, n'est pas sa vraie forme ». Il incanta une brève formule. La croix de cristal et le saphir se métamorphosèrent en une banale pierre noire aux reflets violacés. Une fois visible de tous, le moine reprit : « C'est une pierre d'Abaddon. Un éclat arraché à un artefact plus massif, assez petit pour ne pas attirer l'attention »

L'attention convergea sur le gamin. Mal à l'aise, il agita les mains et haussa les sourcils. Basile faisait grise mine. La découverte le perturbait. Melonni fit la moue.

« A quoi peut-elle servir ? »
« Presque rien, ma chère. Presque rien à part nous indiquer où se terre le Dieu des Secrets. C'est un cadeau précieux que l'on vous a fait, Adrian ».

Ce dernier ne partageait pas le même sentiment. On lui avait raconté des salades. Si je chope ce nécromant... à sa droite, le guerrier tripotait nerveusement le manche de son marteau.

#7 Elindor

Elindor
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Posté 02 May 2011 - 12:59

Terroriste... Ca me va. Faut bien que quelqu'un remplace Ussama :blush:

Adrian a envie de fesser Melloni. Ok, ce gosse est un pervers. Pis on touche pas à une dervichette, non non non ! Sinon, il est à fond sur les Lanciers. Ironique, tout de même...

Le nécro, et sa copine la ritu, moi aussi j'aimerais bien qu'il leur mette la main dessus ! Mais il ferait bien de devenir plus fort, avant !

En tout cas, je ferai souvent du chantage, à mon avis. SUIIITE ;)




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